Décrire ici « -Enseigner avec des blogues ».

Enseigner le français par les blogs

Les blogs n’appartiennent pas aux adolescents

Le blog n’est pas un journal intime mais une chronique personnelle, il parle de politique, de journalisme, d’art, de littérature, d’économie et, en général, de tous les sujets évoqués par les médias, si bien que la blogosphère est presque devenue un média autonome, auquel les journalistes ne manquent pas de se référer avant d’aborder un sujet.

Découvrir d’autres formes de blogs que les leurs est précisément l’un des objectifs que se donne, en lycée professionnel, une enseignante qui témoigne ici ; car c’est en montrant des blogs différents que l’on peut espérer amener les élèves à « bloguer différemment ».

Le blog, outil de publication ou modèle éditorial ?

Le succès des blogs est évidemment lié à leur commodité en tant qu’outil de publication : non seulement il est inutile de connaître le langage HTML, mais il est inutile même de chercher à comprendre quoi que ce soit dans le mystère de la mise en ligne : il suffit de s’inscrire sur une plate-forme de « blogging », puis d’accéder via son navigateur habituel, en donnant son nom d’utilisateur et son mot de passe, à une page donnée sur laquelle on écrit directement (bien sûr, il existe des solutions personnalisables pour les utilisateurs avancés, qui peuvent installer un blog sur leur propre site, sans passer par un hébergeur spécialisé).

Comme tous les systèmes de publication en ligne, néanmoins, le blog, par ses caractéristiques techniques, suppose des contraintes particulières et impose donc un modèle éditorial qu’il est intéressant d’exploiter en tant que tel. Ainsi, si des types de blogs très différents sont apparus (blogs artistiques, journalistiques, thématiques, personnels, militants, politiques, commerciaux… sans que cette typologie soit exhaustive), il reste que :

– l’écriture des billets par un auteur (ou deux, trois auteurs) bien identifié, confronté à des lecteurs divers qui ne sont que des pseudonymes, fait qu’il s’agit toujours d’une écriture personnelle. Même sur les blogs politiques ou commerciaux, ce qui caractérise l’écriture, c’est la forte présence de la subjectivité et de la personnalité de l’auteur ;

– la publication d’un billet quotidien, ou régulier, crée une attente chez les lecteurs. La présentation des billets par ordre chronologique inverse met en valeur leur accumulation et leur succession chronologique. Le dernier « billet » apparaît en haut de la page d’accueil, sa date y joue un rôle essentiel : c’est elle qui montre que le blog est « vivant ». Le blog est donc, avant toute chose, une chronique personnelle, c’est sans doute là sa principale caractéristique éditoriale ;

– les commentaires placent le blogueur dans l’interactivité, la réactivité au public. Plus important encore, c’est le nombre de commentaires qui témoigne directement de la popularité d’un blog ;

– enfin, les « rétroliens », ou les liens que les blogs tissent entre eux, contribuent à inscrire l’auteur du blog dans un petit cercle de blogueurs intéressés aux mêmes thèmes : se créent ainsi de petites communautés virtuelles.

Les usages qui émergent

Dans les usages des blogs imaginés par les enseignants, l’outil est souvent détourné de son modèle éditorial et exploité davantage pour sa facilité et sa rapidité de publication (et sans doute aussi pour les exploitations possibles des commentaires). Cependant, quelques usages exploitent aussi certaines des particularités éditoriales du blog.

le blog sert de moyen de publication pour des contes, chaque élève publiant au fur et à mesure son propre conte, les commentaires servant aux appréciations ; un autre blog sert de support pour les critiques littéraires des élèves qui y présentent leurs lectures et échangent leurs points de vue à travers les commentaires ; un autre encore raconte au jour le jour un voyage scolaire ; un autre est tenu par deux élèves néofrancophones, qui y relatent les traits saillants de leur vie scolaire ; d’autres, enfin, servent toute l’année, chaque fois qu’une production écrite se prête à la publication, à la manière des portfolios.

Des usages à inventer

Une nouvelle dimension de la lecture, de l’écriture et de la publication

Comme on le sait depuis les premiers sites web d’établissements, quel que soit le travail que la classe effectue, l’écriture en ligne apporte une dimension nouvelle, liée à la publication. C’est que celle-ci, outre qu’elle demande à l’élève de s’adapter à un véritable public, impose une exigence inconnue des situations scolaires habituelles ; il ne suffit pas d’avoir écrit le texte, d’avoir reçu une note ou une appréciation et corrigé quelques fautes : il faut encore retravailler le texte jusqu’à ce qu’il soit « publiable », c’est-à-dire qu’il n’y ait rien à redire sur le niveau de langue, le vocabulaire, l’orthographe, l’expression, le style, mais aussi le contenu, les idées développées, le respect des droits sur la vie privée et la propriété intellectuelle… C’est cette exigence de qualité qui est nouvelle, et que les élèves acceptent dès lors qu’ils prennent conscience que publier un texte, c’est le rendre potentiellement accessible à tout le monde.