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Foucault (1975) Surveiller et punir, Section III (Discipline), Chapitre premier (Les corps dociles)

La composition des forces (p. 190 à p. 199)

Mon résumé

La répartition des rôles dans une armée; l’unité ou la division militaire marche comme un tout, à l’intérieur de laquelle chacun a son rôle (p. 191) Cette division devient alors une machine aux pièces multiples. Chaque homme est une petite unité avec un rôle bien précis.

On fait un parallèle entre les soldats et les travailleurs dans une journée de travail : Il faut mobiliser plusieurs personnes pour avoir une productivité efficace (la force de la coopération)

Foucault dit, à la p. 192 : « La discipline n’est plus seulement un art de répartir les corps, d’en extraire et d’en cumuler le temps, mais de composer des forces pour obtenir un appareil efficace »

« Cette exigence se traduit de plusieurs manières » (3)

1- (p. 192) « Ce n’est plus la vaillance ou la force du corps qui sont les variables qui le définissent, mais c’est la place qu’il occupe, l’intervalle qu’il couvre, la régularité, le bon ordre selon lesquels il opère ses déplacements »

(On peut alors changer les déplacements du corps pour que ce soit plus efficace (on peut « déplacer » des soldats ou des travailleurs pour que fonctionne mieux. Ces corps-là sont tous en lien entre eux, en interrelation (par exemple, il faut que le soldat coordonne ses déplacements avec son voisin pour que la « machine » fonctionne efficacement)

2- (p.193) : « Le temps des uns doit s’ajuster au temps des autres de manière que la quantité maximale des forces puisse être extraite de chacun et combinée dans un résultat optimal »

(Encore là, on donne un exemple très militaire. Tout soldat, de l’enfance jusqu’à ce qu’il soit vieillard, pourrait faire partie de la « machine » militaire. Le soldat commencerait sont entraînement jeune enfant dans une école spéciale, puis il pourrait finir ses jours, une fois rendu vieux, à enseigner dans cette même école; autrement dit, le soldat ferait toujours partie de la machine tout au long de sa vie (seul sa position changerait au fil du temps) Il n’y a donc pas de pertes de temps et le résultat final est vraiment « maximal »

3- On a besoin d’un système précis de commandement : (p. 195) « Du maître de discipline à celui qui lui est soumis, le rapport est de signalisation ». Il y a un signal, un « code » que le soumis reconnaît immédiatement pour se conformer à l’ordre. On oblige les corps à répondre à certains signaux. C’est un véritable dressage avec peu de mots. Par exemple, à l’école, on retrouvait (et on peut retrouver encore) des signaux du maître que les élèves ont appris à reconnaître spontanément, comme le claquement des doigts, les coups de sifflets, la cloche, etc.) Ces signaux peuvent tout de même être verbaux (par exemple, quand le maître donne ou donnait de courtes consignes : « Prenez ardoise! »; « Entrez dans vos bancs! »

(p. 196) : « La discipline fabrique à partir des corps qu’elle contrôle 4 types d’individualité, ou plutôt une individualité qui est dotée de 4 caractères :

1- Elle est cellulaire (par le jeu des répartitions sociale; on répartit les rôles)

2- Elle est organique (concerne le corps; par le codage des activités par des signaux)

3- Elle est génétique (par le cumul du temps; de l’enfant au vieillard, les rôles changent)

4- Elle est combinatoire (par la composition des forces; on combine les forces)

On dit aussi que la discipline met en œuvre 4 grandes techniques (p. 196) :

1- Elle construit des tableaux

2-Elle prescrit des manœuvres

3- Elle imposte des exercices 4

- Pour assurer la combinaison des forces, elle aménage des « tactiques »

(il s’agit ici de la forme la plus élevée de la pratique disciplinaire; toute la façon dont on va utiliser les corps en place pour qu’ensemble ils soient efficaces (chacun a sa position) )

La guerre et la politique utilisent d’ailleurs beaucoup de tactiques, de stratégies.

(On entend d’ailleurs souvent les expressions « machine de guerre » et « machine politique »!)