EDC65804 : analyse des controverses technoscientifiques
Bruno Latour, philosophe et sociologue français, soutient que nous avons, à travers les siècles, développé trois grands ensembles de représentations pour caractériser les objets : le premier leur attribue une essence 'naturelle', le deuxième, une essence 'sociale', et le troisième, une essence 'sémiotique'. Aujourd'hui, ces trois ensembles de représentations sont très difficiles à distinguer les uns des autres ; des objets comme les microbes, les neutrinos de DNA, la couche d'ozone, et les "cyborgs" sont à la fois naturels, sociaux, et discursifs. Cependant, beaucoup de nos schèmes de référence en éducation maintiennent ces distinctions, voire établissent entre elles un ordre hiérarchique à propos duquel se chamaillent les familles épistémologiques. Mais à qui et à quoi servent ces distinctions? La théorie de l'acteur-réseau (connu sous le nom d' ANT, Actor Network Theory) offre une autre façon d'analyser (disons d'ANTalyser) ces "acteurs" technoscientifiques, complexes, hétérogènes, et dynamiques. ANT rejette les distinctions trop nettes entre ces trois ensembles de représentations, et met plutôt l'accent sur le développement du savoir en lien avec le pouvoir, c'est-à-dire sur la [re]production des "faits". Nous allons également exploiter le concept de pouvoir chez Foucault afin de raffiner nos analyses. Enfin, de telles analyses ont des effets pédagogiques significatifs que nous essaierons de préciser.
EDCXXXXX : la philosophie de la technologie
Par une étude critique et réflexive des technologies, nous examinerons 'machinic networks' ou technosystèmes sur le plan politique, éthique et environnemental. Une attention particulière sera accordée à la complexification des concepts (communauté, réalité, virtualité), l'implosion des binaires (science/technologie, déterminisme technologique/sociologique, humain/non humain) et la prolifération des hybrides (EspacePlace, JeNous, PrivePublic).