Recieved View
Buts poursuivis par ce texte : Informer, Donner mon opinion, Apporter de nouvelles informations, Être en accord ou en désaccord avec des points soulevés, M’interroger, Me questionner
Mots-clé : Désirs, Limites, Besoins, Confort, Commodité, Contrôle, Progrès, Technologies, Déterministe technologique, Déterminisme social, Situation actuelle, Situation meilleure, Situation désirée, Binaire, Inconfort…
Introduction :
La place que prennent les technologies dans nos vies quotidiennes est difficile à définir. Pour certain, elle est un élément parmi tant d’autres pour répondre à un besoin, mais pour d’autres elle devient le besoin lui-même, ou peut-être plutôt un désir? Chose certaine, cette question mérite qu’on s’y attarde. J’ai entrepris la démarche de me questionner sur la place que prend la technologie dans ma vie déjà depuis longtemps. En effet, une nuit, je me suis réveillée pour aller boire un verre d’eau et j’ai décidé d’ouvrir mon ordinateur pour vérifier si je n’avais pas reçu de courriel et si la nouvelle application que je téléchargeais était fonctionnelle. Je me suis dit que ça devait cesser, que j’en étais venue à tomber sous l’emprise des technologies, et que mon ordinateur dominait une partie de ma vie. Et c’est là où ma réflexion a débuté. Je me suis rendue compte que j’aurais facilement pu tomber dans la routine d’achat du dernier lecteur mp3 disponible sur le marché, le dernier téléviseur HD et de tout le tralala numérique si je n’avais pas été limitée dans mes ressources financières. J’ai commencé à faire une liste de tout ce que les technologies apportaient dans ma vie quotidienne. La liste s’allongeait et s’allongeait si bien que je me suis dit qu’elle n’aurait jamais de fin. Et puis, ma vie d’étudiant-travailleur étant chargée comme elle peut l’être, ma réflexion n’est pas allé au-delà du constat que la technologie prenait une place dans ma vie qui avait dépassé une limite que j’aurais dû me fixer depuis longtemps. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à devenir critique à son égard. En débutant le cours de Technologie et vie contemporaine, je m’attendais à faire resurgir en moi ces questionnements. Or, il s’avère que mes questionnements et mes réflexions reviennent dans mon esprit, mais ils s’approfondissent et se multiplie à chaque semaine et au fil des lectures et des discussions du cours. Après avoir complété la lecture de la première section du livre Technology + Culture, de Jennifer Daryl Slack et J. Macgregor Wise portant sur la « vision acceptée » (Recieved View), il est de mise de mettre à l’écrit ce qui mijote dans mon esprit depuis quelque temps. En ayant donc lu les quatre chapitres de la première section, je tenterai de vous exposer mon raisonnement selon lequel la quête de confort et de commodité pousse les gens à croire en une forme de déterminisme technologique où le contrôle et le progrès grâce aux technologies leur assureront un monde meilleur (un monde meilleur est entendu comme un monde où la situation actuelle pourrait être remplacée par une situation souhaitée, meilleure que la première). Je ne ferai donc pas un résumé chronologique des contenus du livre, mais ils seront dans l’ensemble tous présents pour appuyer et étayer mes propos.
Comment outrepasser l’inconfort des limites? Grâce au progrès et aux technologies!
Le confort et la commodité sont au cœur des préoccupations des gens, et tous les moyens sont permis pour y parvenir. En effet, l’homme étant conscient de plusieurs de ses limites, tant physiques que liées à l’espace et au temps, il compte parfois sur la technologie et le progrès pour améliorer son sort. Serait-il qu’il est incapable de se contenter de la situation dans laquelle il vit? Difficile à dire, mais chose certain, l’herbe semble toujours plus verte chez le voisin. Le binaire que représente la situation actuelle et une situation inconnu mais possiblement meilleure semble être l’élément central de toute cette quête de commodité et de confort qui nous fait prendre la voie des technologies et du progrès. Mais revenons pour l’instant aux limites.
L’homme, dans son quotidien, fait face à des barrières qui lui sont imposées au départ par son propre corps. L’homme est mortel et sujet à la maladie. Il vieillit, perd de sa vivacité, de son acuité, et il peut aussi perdre de ses richesses, tant matérielles qu’intellectuelles. Si on garde en tête qu’une situation meilleure que la situation actuelle est recherchée et désirée pour contrer lesdites limites, on constate que l’homme se dote de divers moyens pour « améliorer son sort ». Déjà, en médecine, les avancées technologiques sont considérables depuis les dernières années. Les appareils sont de plus en plus performants et rendent les médecins aptes à guérir des patients souffrant de maladies autrefois incurables. La mort est souvent évitée, sinon retardée pour permettre aux malades de vivre des moments importants pour eux et leurs proches. Le Botox et les multiples crèmes ou chirurgies permettent maintenant aux personnes de la soixantaine d’avoir l’air d’en avoir trente, et moins! Bien que la médecine et les sciences d’aujourd’hui n’arrivent pas à rendre l’humain immortel et aseptisé contre tout malaise physique, il est néanmoins possible d’améliorer la qualité de vie des malades ou de combler les désirs découlant des limites du corps bien plus qu’il ne l’était possible dans les dernières décennies.
L’être humain peut aussi sentir la fatigue, la lenteur, et ses facultés intellectuelles sont limitées. Le progrès a amené les industries à développer des produits qui permettent d’augmenter les facultés des hommes pour résister, pour une certaine période, à la fatigue. Pour contrer sa lenteur, plusieurs objets ont été inventés pour assurer des déplacements plus rapides. On n’a qu’à penser aux premières voitures tirées par des animaux. Très utiles à l’époque, elles ont été dépassées au fil des ans par des moyens de locomotion beaucoup plus performants, en passant par les véhicules au charbon, les voitures à essence, les trains électriques, les avions, et même les navettes spatiales. On pourrait évidemment dire que la navette spatiale n’a pas été pensée pour répondre au désir de contrer la lenteur de l’homme, mais pour se lancer à la conquête de l’espace. Or, l’homme était incertain quant à son avenir sur terre (disponibilités de plus en plus restreintes en ressources naturelles et en eau par exemple) et curieux quant à la possible vie sur une autre planète, il cherche à combler son besoin de savoir, besoin qui lui cause un inconfort, en explorant l’espace. D’aucun pourrait affirmer que les voitures sont construites dans le dessein de faire faire plus de profits aux grandes entreprises, et donc, que le but visé ne serait pas le confort, mais l’enrichissement. Or, qu’est-ce que les propriétaires et les actionnaires des usines feront avec tous ces sous? Ils s’achèteront divers biens ou services qui serviront à les faire se sentir mieux. Encore une fois, c’est le confort et la commodité qui sont désirés, comme on l’a vu ci-haut. L’argent pourrait donc servir à combler les manques en confort et en commodité.
Mais bien plus profonds que les désirs et les limites physiques que lui imposent son corps, l’homme soit également arriver à combler certains besoins qui sont nécessaires à sa survie. On parle des besoins de se vêtir, de dormir, de boire de l’eau, de manger, de l’affilier, de s’abriter et de procréer. Là encore, pour se défaire de la situation d’inconfort qui pourrait être provoquée par un besoin inassouvi, l’homme à recours au progrès et aux technologies. Par exemple, pour le besoin de manger, l’homme était auparavant chasseur-cueilleur. Toutefois, une technologie est venu changer son destin, l’agriculture. Assurant ainsi une forme de domination sur la nature, l’homme est arrivé à contrôler la production en denrées alimentaires des sols, et il a pu s’établir et devenir sédentaires, car on s’en doute bien, le nomadisme ne devait pas être un mode de vie très facile pour nos ancêtres.
Jusqu’où l’homme ira-t-il pour assurer son confort et la commodité? Jusque là où la technologie et le progrès lui permettront d’aller!
En cherchant sans cesse à améliorer sa condition et à assurer son confort et sa commodité, l’humain a-t-il vraiment amélioré son sort? Est-il arrivé à atteindre ladite situation désirée, qui serait meilleure que l’ancienne situation dans laquelle il se trouvait? On ne peut dire. À certains égards, le confort et la commodité ont été atteints. L’homme à une meilleure espérance de vie qu’autrefois, il a accès plus facilement à la nourriture et à l’assouvissement de ses autres besoins, et même de plusieurs de ses désirs, bien sûr en raison du progrès et des technologies. Mais pourrait-on également dire que le progrès et les technologies sont également la cause de plusieurs nouveaux et désirs? Serait-ce une boucle sans fin? Une quête perpétuelle? Il semble donc, pour répondre à la question qui annonce ce paragraphe, que l’homme soit incapable de se contenter de répondre à ses besoins. Il doit également répondre à une multitude de désirs, les uns les plus recherchés que les autres, et il s’en remet au progrès et aux technologies pour lui venir en aide, repousser les limites et l’inconfort.
Conclusion :
Au fil des ans, bien qu’une grande partie des populations occidentales se soit dotée de moyens efficaces d’assouvir leurs besoins et leurs désirs qui causaient chez eux un inconfort, ce n’est pas ce qui s’est produit dans toutes les régions du monde. On n’a qu’à penser aux populations colonisés au fil des ans par les Européens. Alors que les ressources naturelles des pays africains et américains étaient exploitées par les pays de l’Europe pour assouvir les désirs des uns et des autres, ces pays avaient peine à répondre aux besoins de base de ses populations, et le manque de commodité et d’inconfort était et demeure très grand. Bien sûr, certains tiennent un discours selon lequel les technologies et le progrès nous ont sauvé au fil des ans, et que les scientifiques trouveront très certainement un moyen pour aider les populations défavorisés à combler leurs besoins et leurs désirs. À toute la pollution et la destruction créée par les machines et les outils techniques ou technologiques développés par les hommes pour combler leurs désirs, ils répondent que la technologie et le progrès eux-mêmes sont la clé pour remédier à la situation, et retrouver le confort là où il n’est plus. En opposition à ce discours tenant du déterminisme technologique, d’autres répondent que la société est elle-même responsable de la place que les technologies ont pris dans nos vies en raison de notre quête de confort, et bien sûr des conséquences négatives qui en découlent. Je pense plutôt pour cette idée, et je me demande si ce n’est pas presque exclusivement la quête de confort et de commodité qui serait responsable de la place que nous avons donnée aux technologies dans nos vies. La lecture de l’ouvrage de Slack et Wise n’est pas terminée, mais il est clair qu’elle s’annonce des plus intéressantes pour mon processus de réflexion sur la place que prennent les technologies dans ma vie.
À suivre…
Edith 5 mars 2008