La nouvelle sociologie des sciences de Michel Dubois
Carine Rousseau
A été écrit suite à l'affaire Sokal. "Nouvelle sociologie des sciences" : soit programme "fort", soit constructivisme. Elle décrit le processus de recherche comme fondamentalement "relatif" – programme fort – ou fondamentalement "contingent" – programme constructiviste.
Kuhn avec les paradigmes légitiment une approche culturelle de l'activité scientifique. À "chaque communauté scientifique correspond un ensemble unitaire de croyances et de conventions collectives définissant ce qui est vrai ou non, significatif ou non, justifiable ou non" (48) → cadre socioculturel ou sociocognitif
Programme fort de Bloor
Principe de causalité : L'explication des faits scientifiques (matériels et/ou conceptuels) est la conséquence des relations entre les faits et des causes sociales préexistantes. On s'intéresse aux conditions qui donnent naissances aux croyances ou aux stades de connaissances observées. L'explication causale est en opposition avec l'explication téléologique endogène (internes à un domaine de recherche), elle est exogène. Ses explications sont exclusives : un phénomène unique ne peut pas être à la fois expliqué par une justification rationnelle et un enracinement social. Tout processus de recherche est socialement déterminé par l'usage, la coutume, l'autorité, l'intérêt et l'Institution. (85) Principe de symétrie : On ne doit pas changer de type de cause, de domaine explicatif, selon la nature du phénomène étudié (croyances "vraies" et croyances "fausses"). → causalisme symétrique
Critiques du programme fort sont de deux ordres : 1. L'examen critique des études du programme fort montrait qu'elles ne légitimaient pas cette approche. 2. Représentation hypersocialisée des sciences : ils ne prennent pas en compte les éléments relevant de la nature ou de l'instrumentation→ un seul type de cause (amenant des conclusions abusives), la réalité est plus complexe
4 principes : causalité, symétrie, impartialité et réflexivité.
Échec du programme fort Réussite sur le plan social mais pas sur le plan cognitif.
Constructivisme, conventionnalisme et mouvement critique des sciences
Duhem "Un fait scientifique est indissociable d'une interprétation qui le différencie du fait concret empiriquement observable." (110) Bacon a une démarche de réduction à l'absurde. On utilise un procédé expérimental pour prouver qu'une hypothèse est meilleure qu'une autre. Duhem contre cette idée. Plusieurs hypothèses sont liées entre elles. Quand une expérience ne donne pas le résultat escompté, rien nous permet de dire où se situe l'erreur. Dire que c'est telle hypothèse qui fait défaut reviendrait à affirmer que toutes les autres sont assurément bonnes. Duhem parle de "bon sens" : ne pas bouleverser une grande théorie harmonieuse alors que le modification d'un détail de la théorie concurrente suffirait à l'intégrer à celle-ci.
Relativisme(s) et théorie du "cadre" sociocognitif
Théorie du cadre (ressemble aux paradigmes de Kuhn ou aux systèmes culturels incommensurables des anthropologues) : "[…] toute activité scientifique de production et d'évaluation des connaissances supposant l'efficience d'un "cadre" – entendu comme ensemble unifié et interdépendant de croyances, normes, valeurs, expectatives de nature sociale et cognitive – […]" (148) Influence de la théorie du langage sur cette représentation sociologique. Par exemple, un enfant appelle un couvercle "chapeau" avant que sa mère, autorité sociale, ne le corrige. (154)
Apport : un choix qui peut nous paraître absurde ou illogique ne l'est pas forcément, il faut regarder nos présupposés suivant notre cadre.