Latour dans notre travail
La science en action
Comment déterminer celui qui a tord et celui qui a raison ? « L’efficacité sera la conséquence de celui qui réussit; elle ne permet pas de départager, sur le coup, celui qui a raison et celui qui a tort. » (40) « « Bien sûr », dit la face gauche de Janus, « tout le monde est convaincu, parce que Jim et Francis sont tombés sur le bon modèle. – Non, rétorque la face droite, chaque fois que quelqu’un d’autre s’y rallie, cela devient progressivement le bon modèle. » (47) Règle 2 Utiliser alors nos valeurs pour prendre position ?...
Citer les autres Modalité : phrase qui a pour fonction de modifier (ou de qualifier) une autre phrase. Modalités positive et négative : « Nous appellerons modalités positives les phrases qui conduisent à un énoncé éloigné de ses conditions de production, le rendant suffisamment solide pour que certaines de ses conséquences deviennent nécessaires. Nous appellerons modalités négatives les phrases qui infléchissent un énoncé dans l’autre direction, vers les conditions de production, et qui expliquent en détail pourquoi il est solide ou faible, au lieu de l’utiliser pour renforcer la nécessité de certaines autres conséquences. » (63) « Une phrase peut se voir offrir la qualité de fait ou celle d’artefact selon la façon dont elle est insérée dans d’autres phrases. En elle-même une phrase n’est ni un fait ni une fiction; ce sont les autres qui la rendent telle selon ce qu’ils en font. On peut la rendre plus factuelle si on l’insère comme prémisse close, évidente, fermée, formant un tout dans une autre conséquence moins fermée, moins évidente, moins ferme et moins unifiée. » (67-68) « (…) le destin de ce que nous disons et faisons est entre les mains des autres. » (78) Modalité : phrase qui a pour fonction de modifier (ou de qualifier) une autre phrase. Modalité positive : Je regarde un énoncé, je le dis solide, donc je peux en déduire des conséquence Modalité négative : Je regarde comment l’Énoncé a été construit et j’en déduis qu’il est faible ou solide
Augmenter sa crédibilité : - Référence à des experts « Au contraire, pour s’attaquer à un article bardé de notes, l’opposant doit affaiblir tous les articles cités, ou au moins pourrait être mis en demeure de la faire, alors que, en s’attaquant à un article nu, l’auteur et le lecteur auront le même poids : ils seront face à face. » (87) - Présentation
- « Il existe cependant une tactique beaucoup plus puissante, qui consiste à présenter la chose elle-même que l’on demande aux lecteurs de croire. » (115-116) Graphiques, tableaux, etc.
L’auteur explique les inscriptions. « L’auteur se comporte comme s’il était le porte-parole de ce qui s’inscrit sur l’écran de l’appareil. » (173) « Leur force vient de ce qu’ils parlent non pas tous seuls mais en présence de ceux qu’ils représentent. » (175) « Cette configuration est que tout se passe comme si le porte-parole ne « parlait pas réellement », mais qu’il se contentait de commenter ce que vous voyez directement, vous fournissant les mots que vous auriez de toute façon utilisés. » (175) « (…) en laissant les choses ou les gens représentés dire eux-mêmes ce que les représentants ont affirmé qu’ils voulaient dire. » (177) « (…) l’auteur de l’énoncé se met en retrait et celui qui doute voit, entend et touche lui-même les choses inscrites ou les gens assemblés qui lui révèlent la même affirmation que l’auteur. » (178) - Boîte noire Ouvrir les boîtes noires pour y découvrir les chaînes d’associations
Comment défaire la crédibilité ? « Que se passerait-il s’il s’éloignait de son itinéraire et s’il éprouvait la solidité des liens unissant les représentés et leur porte-parole ? » (180) « Comme le patron dont nous avons parlé plus haut, Wood s’aperçut que tout cohérent qui lui était présenté était un ensemble d’éléments qui pouvaient mener, par de subtiles pressions, dans beaucoup de directions différentes. » (182) « Selon le rapport des forces, les porte-parole deviennent des individus subjectifs ou des représentants objectifs. Le caractère objectif signifie que les liens entre les représentés et celui qui s’exprime à leur place résisteront à toute tentative pour les briser. (…) Le caractère subjectif signifie que, étant censés parler au nom de gens ou de choses, les représentants ne sont entendus que comme représentants d’eux-mêmes. » (189) « L’ « objectivité » et la « subjectivité » sont relatives aux épreuves de force et peuvent se déplacer progressivement, d’un pôle à l’autre. » (190) (Professeur, sceptique)
La controverse : une bataille « Les règles sont assez simples : affaiblir les ennemis, paralyser ceux que l’on ne peut affaiblir (comme dans la phrase [18]), se porter au secours de ses alliés s’ils sont attaqués, assurer des communications en toute sécurité avec les fournisseurs d’instruments indiscutables (comme dans [20], obliger ses ennemis à se combattre entre eux [23]; lorsque la victoire est incertaine, rester humble et discret. » (97) Problématique (page 5) : La qualité relationnelle unissant les « actants » (hybrides et autres) mérite d’être soulignée. Nous devons examiner les effets de négociations, des stratégies, des transactions, des affinités, des exclusions et des résistances sur et parmi les actants.
Comment analyser un fait ? « Quelle que soit la controverse dont nous partons, nous serons toujours capables de nous y retrouver : [dimension horizontale] a. en regardant à quelle étape dans la production des faits se trouve l’affirmation que nous avons choisie comme point de départ; b. en découvrant ceux qui s’efforcent de la transformer en fait et ceux qui au contraire tentent de la transformer en artefact; c. en repérant dans quelle direction l’énoncé est poussé par les actions opposées de ces groupes; est-ce vers le haut ou vers le bas (…) [dimension verticale] d. une mesure de la distance entre l’énoncé original et les nouveaux énoncés (…) Pour finir, les deux dimensions réunies nous indiqueront : e. le front de la controverse (…) Toute controverse est le déploiement dans ces deux dimensions des transformations ou des traductions qu’il faut faire subir à la fois au collectif des collègues et aux énoncés. » (144-145) « (…) le front de la recherche est la trajectoire dessinée par cette acceptation et par cette transformation. » (146)
Le problème de l’argent Anti-laboratoire qui doit être meilleur que le laboratoire. « Comment faire pour obtenir un meilleur laboratoire, c’est-à-dire qui produit des affirmations moins contestables et permet au sceptique – maintenant patron d’un laboratoire – d’exprimer son désaccord tout en étant cru ? » (193) Plus de boîtes noires, des instruments permettant une meilleure lisibilité. « (…) rediriger leur désaccord vers d’autres aspects de l’énoncé. » (200) « (…) mettre sur pied des laboratoires coûteux dans lesquels on introduit le plus tôt possible dans la discussion un nombre toujours plus grand de boîtes noires. » (201) Actants « (…) je propose d’appeler actants tous ceux, humains ou non-humains, qui sont représentés afin d’éviter le mot d’acteur trop anthropomorphique. » (202) Mettre fin à la controverse « Pour renverser le rapport de forces et mettre fin à l’impasse d’autres alliés non encore définis devront être mobilisée. » (208) Un réseau « Le mot indique que les ressources sont toutes concentrées en quelques lieux – les nœuds -, mais que ces nœuds sont reliés les uns aux autres par des mailles; grâce à ces connexions les quelques ressources dispersées deviennent un filet qui semble s’étendre partout. » (431) Croyances pour ceux qui sont à l’extérieur, et connaissances pour ceux qui sont à l’intérieur. Pour ceux qui sont à l’intérieur, ceux qui sont à l’extérieur sont plus subjectifs. Problématique (pages 7-8) : Un réseau est un ensemble de points inter-reliés. Il se rapproche davantage de la toile d'araignée que de la structure hiérarchique. Un réseau est en perpétuel changement: il est fluide et non statique. Sa forme non linaire autorise d'y accéder depuis un nombre varié de points: on peut même s'y brancher depuis n'importe où. Dans un réseau n'importe quoi peut devenir un point de branchement. Les points peuvent être aussi bien des humains que des créations de la science tels quasars, pulsars, antimatière, etc. Un réseau est relationnel, il peut être envisagé du point de vue de ce qu'il connecte ou ne connecte pas. Il peut être considéré du point de vue de sa cohérence (la qualité des maillages et la similitude des points d'ancrage) et de son hétérogénéité (quels points semblent mal s'ajuster ou même contradictoires). Il y a aussi des liens qui soient à la fois d'exclusion et d'inclusion (permettant ainsi les notions politique « d'inclusivité » et d'exclusivité). Un réseau appelle plusieurs types de relation: d'opposition, d'association, conditionnelle, simple, complexe, ordonnée, chaotique, etc. Un réseau est dynamique: il doit être entretenu, car il est constamment menacé par d'autres réseaux qui avancent plus vite ou plus facilement. Un réseau peut être testé; ainsi peut-on connaître les parties qui tiennent bien devant les attaques et celles qui cèdent facilement. En résumé, la métaphore d'un réseau21 nous permet de nous représenter quelles relations sont maintenues (ce qui est et ce qui n'est pas lié) et jusqu'à quel degré elles le sont (quelles parties sont les plus faibles, quelles autres sont les plus fortes) quand émergent des controverses.
Socio-logique : dresser la carte des associations « a) comment sont attribués les causes et les effets; b) quels points sont liés à tels autres; c) quelle taille et quelle force ont ces liens; d) qui en sont les porte-parole les plus légitimes; et e) comment ces éléments se modifient au cours de la controverse. » (489)
Latour ne parle pas d’émotions or il y en a dans cette controverse.
La politique (le pouvoir)- Pourquoi étudions-nous les controverses ? (dans la problématique du cours) La science n’est pas différente de la politique, mais une façon différente d’en faire. Page 3 : « Pour Latour, étudier les controverses dans cette perspective nous plonge d’entrée de jeu dans le politique. Donc, conflits et lutte de pouvoir se trouvent au cœur de toute activité de connaissance. Pourtant, on prend vite l’habitude de cacher ces conflits dans des « boîtes noires ». Mais c’est quand on aborde de front les controverses que s’ouvrent peu à peu les boîtes noires : on y découvre la complexité des chaînes d’associations. » Le pouvoir : selon le contexte – qui a l’autorité de parler
La traduction Enrôlement et enrôlement intéressé
Importance de ne pas oublier la complexité (présupposées, questions binaires ?, les possibles (pas assez de nuance), ce qui est inclus et exclu, cohérence, multiplicité des dimensions) Il est important de savoir qu’une argumentation qui reflète une pondération plus « équilibrée », voire « multidimensionnelle et interdisciplinaire », augmentera la crédibilité de votre discours. Les non-dit crée de l’exclusion Conception plus complexe du pouvoir
Attention : 3 principes dans Acteur Réseau - agnosticisme : tout voir de façon impartiale « Il s’abstient de porter des jugements sur la façon dont les acteurs analysent la société qui les entoure, il ne privilégie aucun point de vue et ne censure aucune interprétation (…) » (175) Éléments pour une sociologie de la traduction - symétrie : on traite tout de la même façon (humains et non-humains et réussites et échec) - association libre : on va juste suivre
- Prouver que notre controverse est une controverse avec les critères du cours « Nous nommons controverse toutes les manifestations par lesquelles est remise en cause, discutée, négociée ou bafouée la représentativité des porte-parole. » (199) (Eléments pour une sociologie de la traduction) - Sociologics (pour éviter le binaire) : expliquer le choix de nos questions