ELEMENTS A ELABORER

L'historique

* La transition difficile passant par les « main frames » aux « mini-ordinateurs, du style Vax ». Dans ces deux cas, une classe de techniciens s’est constituée autour de « centres de calculs », classe à la fois imposante en nombre et en budgets, et bien ancrée dans l'organigramme institutionnel. Il a fallu ensuite négocier avec ce groupe lors du passage à l'ordinateur individuel, puis recommencer lorsque les réseaux comme l'Internet ont pris de l'importance. Les centres de calcul remontent aux années 60. Les ordinateurs individuels remontent au début des années 80 et le Mac est sorti à la toute fin de 1983. L'Internet n'a pas été utilisé de façon très significative avant 1988-9 et c'est surtout après l'explosion de la Toile vers 1995 (alors que le logiciel Mosaic a commencé à se répandre) que la situation actuelle a commencé à se mettre en place. En parallèle les logiciels libres, dont l'origine remonte environ à 1985 avec les premiers efforts dans ce sens de Richard Stallman, ont commencé à faire comprendre que quelque chose de neuf naissait. Ce quelque chose, c'est évidemment le « peer-to-peer ». Cette vision des choses a pris tellement d'importance de nos jours, et sous tant de formes, qu'elle devient une forme générale de contestation des hiérarchies et chaînes traditionnelles de commandes. De Linux à Wikipédia en passant par Torrent, le libre accès aux publications savantes, les luttes autour du droit d'auteur et le développement de nouveaux outils de collaboration, généralement reliés à l'émergence du Web 2.0 (web sémantique, etc.) le peer-to-peer est en train de prendre la forme d'une thèse philosophique majeure sur les formes optimales d'organisation sociale. Le livre récent de Yochai Benkler, The Wealth of Networks (Yale U. Press, disponible en accès libre dans la Toile) en témoigne].

Quelques enjeux

  • Le rôle des professeurs (questions de contrôle, de liberté, ownership, time issues, etc)

  • Le savoir (intelligence collective à problématiser - appeals for heterogeneity) et le pouvoir ( the production, editing and diffiusion du savoir)

  • Le partage forcé en contexte universitaire (read - grade bound)

  • Les relations interpersonnelles : le rôle de silence(le non dit), la responsabilisation de ce qui est écrit, l'affectivité se complexifie (hard to read others in such spaces),

  • Les espaces se multiplient -au moins pour certains - ( des hybridités de public-privé, les traces qui durent à long terme, etc. )

  • L'évaluation des collectives des co-élaborations (singular authorship a thing of the past?)

  • Les droits (licences variés - copyleft, creative commons, etc)


Version 6

Depuis leur arrivée massive à l’université il y a plus de vingt ans, les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont soulevé de nombreux débats sur leur place, leur rôle et leur portée dans la vie universitaire, notamment pour ce qui est de la recherche, de l’enseignement et des applications pédagogiques des TIC.

Les TIC sont devenues une composante essentielle du travail professoral. Or, les décisions concernant leur intégration dans l’enseignement universitaire ont le plus souvent échappé aux professeures et aux professeurs, même si plusieurs se sont lancés très tôt et avec enthousiasme dans l’aventure de l’exploration des potentialités pédagogiques des TIC. L’immensité de la tâche et le manque de reconnaissance ont eu raison de plusieurs de ces pionniers. Encore aujourd’hui, les administrateurs universitaires tardent à reconnaître l’investissement personnel que représente la transformation de l’enseignement par l’introduction des TIC, alors que l’ensemble du corps professoral a vu ses conditions de travail profondément modifiées par le recours généralisé aux TIC.

Tous les domaines de la vie universitaire sont marqués par l’introduction des TIC, selon une approche souvent technicienne et centralisée. En effet, les décisions structurantes relatives à l’utilisation des TIC à l’université ont été prises par des gestionnaires qui se sont appuyés sur des techniciens-experts pour se doter de systèmes relativement sophistiqués, répondant à des besoins prioritairement d’ordre administratif et utilisant essentiellement les principaux produits de l’industrie dominante dans le secteur.

Du point de vue des professeurs, les systèmes mis au point dans les établissements universitaires constituent des contraintes qui alourdissent inutilement la tâche professorale, les emprisonnant dans des modèles relativement fermés, aux composantes standardisées, qui empêchent toute souplesse. Pourtant le potentiel des TIC devrait au contraire faciliter l’accomplissement de cette tâche pour l’enseignement, la recherche et le service à la collectivité, en mettant à profit les ressources des systèmes ouverts qui permettent des utilisations variées et diversifiées répondant à la multiplicité des besoins.

Le but du colloque est double : 1) porter un regard critique sur les modes dominants d’implantation des TIC dans les universités et débattre des effets structurants des décisions sur la tâche professorale et la gestion de la vie universitaire; 2) présenter des modes alternatifs aux modèles actuellement dominants, dans l’optique de favoriser une implantation des TIC qui permette de contribuer au repositionnement de l’université au plan de la production et de la diffusion du savoir, dans le respect de l’autonomie universitaire, de l’exercice de la liberté académique et de la mission fondamentale de l’université comme service public.