L'UTILISATION DES TIC: un accès au savoir facilité? Conséquences de leur utilisation dans la pédagogie collégiale
Introduction
Ayant nous-même grandi à l'ère des grands changements technologiques, notre jeunesse fut bercée par l'évolution à vitesse grand «V» des outils et des ressources technologiques. Malgré notre cheminement à travers ceux-ci, il n'en demeure pas moins que la plupart de nos apprentissages scolaires n'impliquèrent que très rarement ces nouveaux outils. Toutefois, depuis quelques années déjà, les technologies de l'information et de la communication (TIC) permettent à tous et chacun un accès aux savoirs quasi illimité et leur implication dans l'enseignement prodigué sur les bancs d'école est également en hausse. De plus en plus, les TIC sont utilisés afin de capter l'attention des étudiants et ils servent souvent à les motiver dans leur devoir, c'est-à-dire APPRENDRE. Pourrions-nous alors sous-entendre que les TIC sont directement liés à la création d'un bon climat d'apprentissage? Nous le croyons. Les conséquences de leur utilisation sont nombreuses et nous tenterons ici de vous en présenter quelques-unes, tant positives que négatives. |
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Conséquences: l'impact des TIC au collégial
L'accès aux savoirs est source de motivation: les aspects positifs de l'utilisation des TIC
Plusieurs études confirment le rôle crucial joué par les TIC dans la réussite, la persévérance et la motivation des étudiants. En fait, bien que certains auteurs stipulent que la seule présence des TIC à l’école puisse motiver les étudiants, la majorité s’entend sur le fait que c’est « la façon dont elles sont utilisées avec les élèves qui agira sur leur motivation et favorisera la réussite scolaire. » (Karsenti, 2003) Toutefois, il importe pour un enseignant de prendre en considération les principaux déterminants de la motivation scolaire. Ainsi, un étudiant sera davantage motivé si l’intégration des TIC lui permet plus de choix ou de contrôle dans les activités effectuées, s’il se sent plus compétent face à la tâche ou encore si le fait d’utiliser les TIC augmente son sentiment d’appartenance (affiliation) à la classe ou à l’école. (Karsenti, 2003) |
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De plus, comme le souligne plusieurs études, l’intégration des TIC en milieu scolaire et l’accessibilité quasi infinie à l’information permet aux étudiants d’acquérir une plus grande autonomie dans leur apprentissage. Face à ce phénomène, le rôle de l’enseignant se modifie puisqu’il ne représente plus la seule source d’accès aux savoirs. En effet, face à la quantité incommensurable d’informations sur le web, l’enseignant devient davantage « un guide » ou un « facilitateur » qui aide les étudiants à discriminer ce qui constitue un savoir ou une information. (Wheeler, 2000) En effet, « les TIC donnent accès à l’information, traitent l’information ; mais elles ne peuvent faciliter l’accès aux savoirs que dans le cadre d’un processus d’apprentissage. » (Cornu, 2007) Bref, l’enseignant doit assurer un suivi pédagogique auprès des étudiants. |
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Le revers de la médaille: les aspects négatifs
Il existe également un revers de la médaille à l'utilisation des TIC au collégial. Selon une recherche (Fluckiger, 2008) menée dans un collège populaire de la région parisienne, les étudiants ne sont pas nécessairement compétents en ce qui a trait à la recherche d’informations. Bien qu’ils soient capables d’utiliser un ordinateur à des fins personnelles (messagerie instantanée, blogues, consultation de contenu multimédia, etc.), ils ne sont pas toujours efficaces dans la collecte d’informations. Selon l’étude, les jeunes sont portés à consulter seulement les premiers sites suggérés par Google et à cesser leur recherche après en avoir tiré les informations qu’ils jugent adéquates, et ce, sans même avoir validé leur source et son contenu. En moyenne, une dizaine de pages web leur suffit. De ce fait, l’apprentissage se réalise de façon accidentelle atteignant rarement l’objectif visé. Bref, la diminution du temps de recherche semble être plus importante pour les jeunes que la qualité de l’information recherchée. Il en résulte qu'un accès facile à l’information ne suppose pas nécessairement une collecte d’informations efficace. |
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Pour présenter notre deuxième point, il est essentiel d’observer ce triangle didactique modifié de Houssaye (Cornu, 2012) qui illustre une situation où l’étudiant est en situation de recherche d’informations sur le web. |
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Habituellement, nous retrouvons une flèche reliant l’enseignant à l’apprenant. Malheureusement, lors de collectes d’informations, ce rapport est impossible, puisque l’enseignant est absent. Conséquemment, « l’enseignement à distance devient une dyade autour du savoir » (Cissé, 2008). L’outil informatique (le web ou toute autre base de données) devient l'unique source de savoirs pour l’étudiant qui se trouve à être le seul responsable de son apprentissage. Devant l’immense quantité d’informations qu’il peut trouver sur le web ou dans une base de données, l’étudiant n’est pas nécessairement en mesure de choisir ce qui lui est le plus utile. L’absence de l’enseignant perturbe l’apprentissage de l’étudiant, car celui-ci risque de se heurter à de l'information impertinente. Les TIC supposent une amélioration de la qualité de l'apprentissage, et non une dégradation de celle-ci. |
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Conlusion
Bref, tout n’est pas noir ou blanc, c’est-à-dire qu’il y a évidemment des bons et des mauvais côtés. Toutefois, comme il en a été question en introduction, une évidence s’impose : l’accès au savoir est facilité. Cela dit, il y a certainement un lien à faire avec la question de la reconnaissance des acquis et des compétences. Autrefois, il était très courant, voire normal, que les enseignants soient la source première d’informations en ce sens que l’un de leurs rôles était de transmettre des informations difficilement accessibles autrement. À ce moment, il semble juste d’affirmer que l’école était essentielle. Mais, aujourd’hui, doit-on encore considérer l’école comme le seul moyen légitime d’obtenir les certifications nécessaires afin d’atteindre le marché du travail? Certains croient que l’école provoque des inégalités sociales lorsqu’elle dévalorise les savoirs acquis hors de l’école et disqualifie ceux qui ne détiennent pas de diplôme. (Bouffard, 2011) À ce sujet, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) abonde dans le même sens : « Avec le temps, la diversité des lieux de formation et des façons d’apprendre […] a conduit à une multiplication des formes de reconnaissance et d’attestation de la formation suivie. […] Aujourd’hui, plusieurs parcours sont maintenant possibles pour s’insérer en emploi. La formation n’appartient plus exclusivement au système d’éducation. » (CSQ, 2005) Sachant qu’il y a des avantages et des inconvénients associés aux TIC, doit-on développer davantage le chantier de la reconnaissance des acquis et des compétences ou bien continuer de considérer le cadre scolaire comme le seul moyen de valider l’acquisition des savoirs? |
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Médiagraphie
BOUFFARD, Germain (2011). Parcours d’un enseignant, Conférence présentée le 19 octobre dans le cadre du cours ADS-6022 – Système d’enseignement collégial et société, Université Laval.
CARR, Nicolas (2008). « Is Google Making us Stupid? », The Atlantic, [http://www.theatlantic.com/magazine/archive/2008/07/is-google-making-us-stupid/6868/] (2 février 2012).
CENTRALE DES SYNDICATS DU QUÉBEC (2005). « La reconnaissance des acquis et des compétences au Québec : à l’aube d’une relance », Centrale des syndicats du Québec, [http://www.education.csq.qc.net/sites/1673/documents/publications/D11593.pdf] (3 février 2012).
CISSÉ, Daouda Dougoumalé (2008). « Les TIC: instruments de médiation socioconstructiviste », dans TOURE, K. et al., (sous la dir.), Repenser l'éducation à l'aide des TIC, Ernwaca, Rocare.
CORNU, Bernard (2007). «Enseigner et apprendre dans la société du savoir: enjeux et questions...», MathémaTICE, [http://revue.sesamath.net/spip.php?article78] (31 janvier 2012)
FLUCKIGER, Cédric (2008). « TIC : analyse de certains obstacles à la mobilisation des compétences issues des pratiques personnelles dans les activités scolaires », HAL-SH, [http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/34/31/28/PDF/2008-10_-_Fluckiger-27-CICI2.pdf] (29 novembre 2008)
KARSENTI, Thierry (2003). « Favoriser la motivation et la réussite en contexte scolaire : les TIC feront-elles mouche ? », Vie Pédagogique, [http://www.viepedagogique.gouv.qc.ca/numeros/127/vp127_27-31.pdf] (5 février 2012)
Profweb, Le Carrefour québécois pour l'intégration des TIC en enseignement collégial, [http://www.profweb.qc.ca/] (2 février 2012)
WHEELER, Steve (2000). « The Role of the Teacher in the Use of ICT. Keynote speech delivered to the National Czech Teachers Conference », University of Western Bohemia, Czech Republic, [http://www2.plymouth.ac.uk/distancelearning/roleteach.html] (5 février 2012)
Commentaires
KarelTetreaultRobert : j'adore votre image en début de texte...belle amorce...ça donne le gout de lire votre texte. La suggestion que je peux vous faire sachant très bien que vous n'avez pas terminé le site est de séparer les conséquences positives des conséquences négatives (par une sous catégorie, un tableau, etc.)
BéréniceDoyon : Bien que votre travail semble en pleine construction, je considère que votre sujet choisit est très intéressant et plein de potentiel! En effet, on constate que ce flux d'information constante et rapide qu'est internet peut modifier le rôle même des enseignants au collégial. Le professeur n'est plus perçu comme un être suprême détenteur de savoir, ce dernier est à porté de main. Les enseignants doivent donc servir de guide qui intervienent dans la classification et dans l'interprétation des informations. (Ces informations n'ont aucune source, c'est ce que votre sujet m'inspire...) Je crois donc qu'il serait intéressant pour vous d'aborder aussi cette question du rôle de l'enseignant à travers ce vortex que nous apporte les TICs.
MyriamLeclerc : Je trouve que votre sujet touche une problématique centrale dans le domaine de l'éducation, où il est difficile pour l'enseignant de concurrencer avec Google, Wikipédia et tout le flot d'informations auquel les étudiants ont très facilement accès. Évidemment, je sais bien que votre travail n'est pas complété, mais je pense qu'il serait intéressant d'aborder la sensibilisation des étudiants envers la crédibilité des sources de savoirs disponibles.



