Les pertes du Web 2.0

  • D'un autre côté, le Web 2.0. apportent également son lot d'aspects plus malencontreux pouvant se traduire en désavantages. En effet, les finalités du web sont nombreuses et parfois bénéfiques, mais certains obstacles incontournables méritent d’être énumérés.

Temps

Assurément, si le web permet tantôt d’éviter le déplacement dans les centres d’achats ou encore dans les institutions bancaires par l’octroi de la gérance de comptes en ligne (ex : Accès D) et de la consommation instantanée (eBay, Amazone, etc.), il peut toutefois provoquer à d’autres moments des pertes de temps considérables. À ce sujet, qui ne s’est encore jamais « perdu » au travers des milliers de pages web sur Google dans le simple et unique but de trouver une information simple ou un renseignement important, et ce, rapidement? Un exemple frappant serait d’aborder le phénomène croissant des applications en ligne pour postuler sur des emplois, ou encore tout simplement dénicher des employeurs et des réseaux regroupant ceux-ci (ex : LinkedIn). Plus souvent qu’autrement, l’accès à ces derniers nécessite le remplissage de formulaires de plusieurs pages à déchiffrer, peu soumis à des normes de pages web établies et à des standards balisés. Bref, la « perte de temps » sur le web est fréquente; d’autant plus relativement à des problèmes de connexion lente et interrompue, aux hypertextes et hyperliens non fonctionnels, aux nombreuses fenêtres pop up à fermer manuellement, aux publicités abondantes obligatoires à écouter avant de parvenir aux sites les plus convoités ou aux transferts de fichiers régulièrement soumis à des approbations préalables de longs textes légaux, rappelant le web 1. À l’ère de l’informatisation, y aurait-il également un lien à établir entre la « perte de temps » et la « perte de communication interpersonnelle »?

Par ailleurs, malgré la liberté que peut offrir le web 2, les mises à jour constantes, le téléchargement de logiciels obligatoires à installer pour le bon fonctionnement de sites ou encore les antivirus lourds à débloquer demandent inévitablement une attention soutenue. Et que dire si l’on ne comprend pas le fonctionnement des applications multiples à maitriser et des indications insuffisamment détaillées? À titre d’exemple, le choc des générations le démontre bien; de la navigation par onglets en passant par le « streaming » (la lecture en continu), le réseautage social, l’utilisation des pages interactives, des gifts animés ou encore des marques-pages demande généralement un temps d’apprentissage ou du moins, une certaine adaptation. Il en va de même pour la manifestation du « just-in-time learning », référant à la possibilité instantanée de recourir à toutes formes d’informations sur Internet. À cet égard, même si l’appréciation d’une telle liberté est souvent évoquée, les critiques négatives ne manquent pas en ce qui a trait à la validité des sources, qui en fin de compte, fait économiser peu de temps comparativement à un apprentissage conventionnellement approfondi et validé. Parallèlement, une certaine rigueur intellectuelle est-elle bel et bien en train de « se perdre » ou n’est-ce qu’une impression non fondée? Quoi qu’il en soit, l’information trouvée sur le web demeure dans la plupart des cas encore de loin comparable à des références traditionnellement spécialisées et reconnues (ex : d’un point de vue légal, médical et historique, etc.), quoique le débat est dès lors lancé; il ne faudra plus qu’à espérer ne pas « perdre de temps » à refaire et réaffirmer ce qui s’est déjà réalisé par le passé…!

Confidentialité

Il est difficile de parler du web 2 sans aborder le sujet de la confidentialité. À un tel point que cela est devenu une polémique, dans un sens, en particulier concernant certains domaines : la vie privée versus la vie publique, la vision de l’employeur, le dévoilement de la naïveté des jeunes sur Facebook, etc. En outre, la finalité du web 2 laisserait-elle, d’une certaine manière, la perte de la confidentialité au profit du risque exponentiel de jugements extérieurs? En effet, l’identité numérique, une fois en tout ou en partie dévoilée sur le web, provoquant par le fait même la perte de la vie privée, engendre ainsi inévitablement également une perte de contrôle sur son intimité. Le meilleur exemple à ce sujet est la diffusion numérique des photos de quiconque sans la moindre permission préalable des individus essentiellement concernés. Toutefois, que faire si le phénomène est généralisé? Un constat est clair; les risques sont énormes, pour ne pas parler des enjeux. Par contre, d’un autre côté, n’y aurait-il pas aussi là le signe d’une nouvelle ère d’un « nous », c’est-à-dire d’une vision plus globale et complémentaire des êtres humains voire, d’une interdépendance planétaire nécessaire entre ceux-ci? En somme, bien que le dévoilement de l’Homme dans toutes ses couleurs et sous tous ses angles est dès lors possible et surtout, accessible en un seul clic, cela amène à penser aux finalités propres à la sécurité…

Sécurité

Bien sûr, tout n’est pas entièrement négatif. Le sujet de la sécurité sur le web est analysé et pris en charge, dans une certaine mesure, depuis plusieurs années déjà (voir Services gouvernementaux, Québec). Cependant, malgré les investissements réalisés par les autorités gouvernementales relativement à la sécurité publique, l’aspect sécuritaire du web continue de faire couler de l’encre et d’en inquiéter plus d’un! Les risques d’abus (même si le cas typique des pédophiles est souvent mentionné, cet exemple demeure un incontournable), de vols d’identité (quoi de plus facile que de mentir sur Internet, à l’abri de tous?) et de fraudes financières (les institutions bancaires instiguent de plus en plus fréquemment à l’obtention de codes d’accès obligatoires, néanmoins aucune n’assure à 100 % les risques de fraudes potentielles) sont nombreux. Semblablement, pour les particuliers et les petites entreprises, les dangers de falsifications reliés aux cartes de crédit une fois enregistrées sur Internet sont inévitables, malgré le bon vouloir de chacun. Il ne reste plus qu’à souhaiter que les mesures de sécurité hausseront tel que prévu dans les futures décennies.

Égalité des chances

Certains parlent de la manifestation d’une fracture numérique (à l'échelle planétaire, notamment entre les pays nord-sud) alors que d’autres craignent une future guerre technologique. Qu’importe l’angle à partir duquel la question est analysée, l’existence d’un enjeu majeur relativement à l’équité à l’intérieur d’un même pays ou encore d’un pays à un autre est dorénavant difficilement contestable. Dans un même ordre d’idées, l’éternelle discussion au sujet de l’égalité des chances est relancée, de même qu’aux questions controversées que pose la globalisation actuelle. Au Canada et au Québec, comme ailleurs, l’écart se dessine tranquillement entre l’accès aux ressources matérielles technologiques et à l’inaccessibilité de celle-ci, en partant de la simple connexion Internet jusqu’aux suivis de formations à distance. Car assurément, derrière les nouveautés technologiques se cachent des couts y étant parallèlement associés. Tout bien considéré, dans les prochaines années, l’accès à l’éducation de même qu’à l’ensemble de l’information diffusée par les voies de l’informatique et tout ce qui y en découle poseront des préoccupations majeures de plus en plus grandissantes... Actuellement, le changement s’effectue graduellement. Les publicités abondent, les chaines télévisées de par le monde et les entreprises actives se positionnent stratégiquement sur Internet. Similairement, la tarification et la législation croissent corrélativement petit à petit sur le web 2. Ces finalités déjà présentes, la réflexion authentique et véritable accompagnée d’une action sensée sera cruciale pour assurer un partage et une exploitation équitable des ressources, afin d’éviter l’exclusion.

Conclusion

En outre, le web 2.0 est un phénomène intéressant, voire mystérieux, encore tout récent dans l’histoire de l’humanité et par conséquent, encore bien méconnu. Plusieurs gains et espoirs peuvent être soulevés, mais il n’en demeure pas moins que pour le moment, la constatation de pertes actuelles, observables et quantifiables est bel et bien réelle! Par conséquent, les finalités doivent être soulevées et par extension, pleinement considérées. De cette façon, les enjeux de demain seront plus facilement identifiables et susceptibles d’être à l’avenir pris en main pour pallier aux risques inhérents de ceux-ci.