Les jeunes et les médias un enjeu public majeur
Référence
GAUTELLIER, Christian. «Les jeunes et les médias un enjeu public majeur», [En ligne], http://www.cemea.asso.fr/spip.php?article2778 (page consultée le 12 mars 2008)
Notes de lecture
En introduction, l'auteur propose de tenter de comprendre comment fonctionne la relation enfants/informatique/médias.
Une vision pluri-média
Pour bien comprendre, il faut aborder la problématique dans un angle pluri-média, tant les jeunes passent d'un média à l'autre, tant les contenus sont hybrides et inter-dépendants.
Tous les travaux behavioristes sur l’impact et l’influence des médias sur les gens les consultant(ce que les médias font aux gens) peuvent nous informer. Ceux d’inspiration fonctionnaliste (usages) semble s'y opposer. Ces travaux sont essentiels pour comprendre et re-situer les pratiques des jeunes. Les jeunes sont constemment sollicités par des images, il y entre et s'y déplace en pensée. Différentes interactions subviennent entre l'image vue et les représentations antérieures que l'enfant a de l'image qu'il est en train de voir. Souvent, l'enfant va jusqu'à s'impliquer physiquement. Aussi, les médias plongent les enfant dans un bain commercial permanent, liée à la vision d’une société libérale marchande, instrumentalisant leur parole et leur participation, et les parents dans une forte pression publicitaire où modernité technologique rimerait avec réussite.
On ne peut nier que les publics jeunes ont une certaine autonomie face aux médias. Par contre, ils sont aussi fortement influencés par ceux-ci. Les formes et contenus offerts par les médias sont variés. On peut y trouver de tout.
L'approche des éducateurs doit donc s'inscrire dans le cadre d'une réflexion sur l'ensemble des pratiques culturelles et de loisirs des jeunes. Ils doivent penser leur approche en terme de protection, prévention, participation, éducation et engagement citoyen. Elle doit aussi s'inscrire dans le cadre d'une réflexion sur l'ensemble des pratiques culturelles et de loisirs des jeunes.
Une politique de protection ne suffit pas
La protection est nécessaire. Par contre, il est un peu tard et l'on doit se tourner vers des politiques d’accompagnement ou de rattrapage. Ainsi, on peut parler d'éducation aux médias. Ainsi les Ceméa sont impliqués, avec tous les autres acteurs membres du CIEM 4, pour travailler avec les instances de régulation et les éditeurs-concepteurs de programmes. Le concept de protection implique de mettre en place une co-régulation et des co-responsabilités entre les familles, les pouvoirs publics et les éditeurs. Cet aspect, bien qu'il soit crucial, est loin d'être accepté. On se dit d'accord pour que les parents ou les professionnels de l'enfance soient représentés dans des comités de visionnage, mais on refuse leur présence dans les politique de choix de conception et de contenus.
Des contenus et programmes de qualité pour les jeunes
Il faut donc se mobiliser pour que les des programmes et des contenus de qualités s'adressent aux jeunes en plus grand nombre. L'action des Cemeéa est, à ce niveau, triple.
1- Elle se situe auprès des décideurs politiques, mais aussi auprès des éditeurs privés indépendants. Ils ont la responsabilité de mettre en place des programmes destinées à transformer les enfants en jeunes citoyens et non en super consommateurs. Le service public a un rôle majeur à jouer en proposant des programmes s’adressant spécifiquement aux adolescents.
2- Elle concerne aussi le soutien ou la promotion que nos associations et tous les espaces d’intérêt public peuvent apporter à la création, aux créateurs et auteurs eux-mêmes. Il faut soutenir les programmes de qualité. L’émergence d’outils pour faire connaître les contenus et les programmes est également essentielle.
3- Enfin, les Ceméa ont fait le choix de s’engager dans une politique de conception et d’édition de contenus de nature citoyenne, culturelle et éducative, notamment dans le domaine du multimédia. Des projets multimédias comme Ensemble contre le racisme, pour une Europe solidaire, par exemple, prouvent cet engagement. Il se doit d'exister une offre indépendante qui veut le bien public, qui véhicule des valeurs de partage, de coopération, de laïcité et de solidarité.
Réaffirmer l’enjeu incontournable d’une éducation aux médias
L’éducation aux médias est encore trop peu présente dans les politiques éducatives. Pourtant, l'évolution de l'environnement médiatique la rende incontournable. Il faut donc réaffirmer les principes généraux et les objectifs. Il faut avoir en mémoire que les médias ne reflètent pas la réalité, ils la représentent. Il faut travailler sur ces représentations du réel pour que les enfants aient accès à une meilleure compréhension du monde dans lequel ils vivent et agissent. Les images médiatiques ne sont pas naturelles. Il faut déconstruire les images médiatiques artificielles en traitant les questions de production et en examinant toutes les techniques qui créent l’effet de réel. Les médias jouent un rôle culturel et idéologique à ne pas négliger. Il faut développer le sens critique des jeunes face aux médias. Ils doivent savoir prendre une distance face à leur utilisation des médias et des écrans . L’objectif est de leur transférer une autonomie critique tout au long de leur vie en tant que citoyen consommateur d’images, de sons et d’écrits. L'éducation aux médias contribue au développement d’une expression réelle de l’intérêt public. Elle agit sur l’avenir du service public et elle participe d’une éducation à la démocratie.
Des actions d’éducation aux médias diversifiées, inscrites dans un projet global
Les Céma mettent en oeuvres des actions pour l'éducation aux médias. Ils travaillent sur la dimension de réception tout en mettant les jeunes dans des situations de conception, de création de contenus ancrés dans des situations réelles de communication. Il s'agit de faire produire des médias par les jeunes, d'inventer des situations de médiation et d’accompagnement permettant une véritable appropriation de contenus culturels ou cognitifs, synonyme d’apprentissage, de dépasser la vision technologique et travailler sur l’expression des jeunes.Les actions consistent aussi à articuler les pratiques avec les situation de consommation quotidienne des médias de masse, entre autre la télévision et la radio et à mettre en perspective une éducation aux médias avec une éducation à la consommation. C'est en jouant avec l'image qu'il a des médias que l'enfant pourra obtenir une autonomie envers ceux-ci.
Les Ceméa ont aussi entrepris des actions pour extraire des films ou documents audio-visuels un enjeu susceptible de faire passer la distraction à l'action et à l'expérimentation. Ça consiste aussi à aider les jeunes à élargir leurs expériences cinématographiques sur de nouveaux horizons en leur présentant des films de différents types. Le film joue un rôle important dans l'imaginaire d'un enfant et il est du devoir d'un adulte responsable de l'accompagner et de le guider sur le bon chemin.
Il est aussi possible d'utiliser la photo comme média de base. On peut ainsi travailler avec les jeunes sur les manières qu'ils perçoivent les images et comment ils distinguent la réalité de la fiction. Par différentes activités, ils aident les enfants à avoir un rapport réfléchi à l'autre.
Il existe aussi un dispositif d'animation pour des enfants de 8 à 12 ans travaillant sur une approche multi-écrans où les enfants sont appelés à manipuler, construire et déconstruire des séquences d'images animés. Ils peuvent effectuer des trucages simples, monter des séquences, etc.
Le bue de ces activités est de faire prendre une distance aux jeunes des médias auxquels ils sont exposés quotidiennement. Ils prennent conscience de la mise en scène derrière chaque production médiatique. L'action de l'organisation est de mettre des outils à la disposition des éducateurs.
Les Ceméa accompagnent différents projets et forment des animateurs pour les conduirent. Ces dispositifs de production sont fortement ancrés dans une dimension de citoyenneté, de civisme, d’éducation sociale et resituent celle-ci dans un enjeu de société très fort, de lien social et de démocratie participative. La dimension éducative requiert des lieux et des intervenants. Leur implantation est du ressort du service public. Ce sont des services qui réclament une durée certaine et qui doivent bénéficier d'une institutionnalisation à l'abri des revers politiques et économiques. Ils doivent être ouverts à tous et être gratuits.
Pour aller plus loin... vers une prise de conscience à la hauteur des enjeux
Tous les projets de la Ceméa sont menés en partenariats avec des établissements publics, avec les professionnels des médias, avec des individus et des entreprises. Les politiques d'interventions doivent être réussies à l'école mais aussi avec les parents et l'ensemble de la société.