Recyclage informatique
Lorsque l'homme aura coupé le dernier arbre, pollué la dernière goutte d'eau, tué le dernier animal et pêché le dernier poisson, alors, il se rendra compte que l'argent n'est pas comestible. auteur inconnuProverbes amérindiens
L'informatique c'est écologique ?
Quels sont les arguments que nous pouvons avancer en affirmant que l'informatique c'est écologique? Peut-être que nous économisons du papier et de l'encre par l'utilisation de la messagerie par couriel, ou bien sur, toutes les publicités informatisées font économiser beaucoup de papier... Saviez-vous que les composantes d'un ordinateur sont néfastes pour la santé humaine? Le plomb, par exemple, s’attaque au système nerveux, aux reins et au sang, et peut mener au cancer ou provoquer des troubles moteurs et intellectuels .Lorsque l'on se débarasse de nos déchets informatiques en les laissant dans l'environnement, l’oxyde de plomb contenu dans les tubes cathodiques des écrans d’ordinateurs risque de se répandre jusqu’à des cours d’eau potable ou jusqu’à la nappe phréatique . En outre, s’il est incinéré, les vapeurs ainsi que les cendres de plomb générées se propageront dans l’atmosphère (ce qui est le cas en Chine et en Inde où les plus démunis tentent de récupérer certains métaux précieux afin de les revendre. Pour ce faire, il trie et traite le matériel sans protection.). Quant au plastique utilisé dans la fabrication des ordinateurs, il n'est pas recyclable, car les producteurs de matériaux informatiques, peu soucieux de l’environnement et pour des raisons économiques, ont opté pour des produits intégrant plusieurs types de plastiques (résines), ce qui rend difficile le recyclage. De plus, pensez à toute l'énergie, toutes les kilowatts d'énergie gaspillé lié à l'utilisation de l'informatique... sans parler des cartouches d'imprimantes qui causent énormément de pollution.... J'insiste sur le fait que la pollution générée par les matériaux informatiques est le résultat de décisions d'ordre économique prise par les fabricants. Il est possible de fabriquer des ordinateurs qui contiennent une quantité limitée de substances toxiques, qui sont composés de matières recyclables. De plus, des ordinateurs conçus pour entrer en mode veille lorsqu´ils ne sont pas utilisés dépensent moins de 10 watts. Aussi, les écrans LCD dépensent également moins d´énergie par rapport aux écrans classiques et ont l´avantage de ne pas contenir de plomb. Mais comme je l'ai mentionné, il est possible de fabriquer de tels machines soucieuses de l'environnement, mais d'un point de vue économique, cela ne rapporte pas suffissament aux fabricants d'ordinateurs. À ce propos, la Commission-européene a mis sur pied Eco-Label, qui garantit la conformité aux critères écologiques du matériel utilisés dans la fabrication de ces ordinateurs. Un peu comme les produits Energy Star ici au Canada . On ne se le cachera pas, la durée de vie des ordinateurs ne cessent de diminuer. Ce phénomène est fort lié au progrès rapide des nouvelles technologies de l'information qui entraînent une baisse des coûts de production du matériel informatique. L'informatique peut être écologique, mais cette idéologie ne peut être réalisable que par un mouvement sociétal, voir mondial.
Recycler du matériel informatique, c'est facile ?
Non. Le recyclage informatique demande de l'énergie et des ressources financières. Voilà pourquoi il existe des dépotoires planétaires de déchets informatiques (e-déchets). On retrouve ces dépotoires en Chine et en Inde. Par contre, depuis 2000, la Chine a interdit ce type de dépotoires, mais les pays moins informés et moins riches continuent de recevoir tous les déchets. En fait, les pays industrialisés exportent leur matériaux informatiques désuets vers les pays sous développés d'Orient. Je met l'accent sur le mot désuet car en fait, ce mot ne qualifie pas le matériel, car il s'agit en faite de matériel qui est en très bon état et qui pourrait très bien avoir une seconde vie. Depuis 1989, existe la Convention de Bâle et son amendement de 1996 à propos des exportations illégales de matériaux informatiques vers les pays moins industialisés. Un traitement qui coûte bien moins cher que recycler chez soi: ces pays bénéficient d’une main-d’œuvre bon marché et la législation environnementale est inappliquée. Vous n'êtes pas sans savoir que les États-Unis est un des pays qui produit le plus de pollution à l'échelle mondiale... Êtes-vous étonnés d'apprendre que ce pays N'A PAS SIGNÉ la Convention de Bâle?
Seconde vie !
Le recyclage s’effectue en séparant les composantes pour obtenir des matériaux bruts, ce qui détruit définitivement les puces, les semi-conducteurs et les composantes électroniques qui demandent une quantité importante d’énergie à fabriquer. C’est pourquoi il est préférable, dans la mesure du possible, d’offrir une seconde vie à ces ordinateurs. Le matériel informatique que nous considérons comme désuet peut être utile pour des personnes qui n'ont pas les mêmes besoins que nous. Ce matériel est souvent fonctionnelle et il suffit d'augmenter la durée de vie des ordinateurs en ajoutant des barrettes-mémoire ou en changeant la carte mère. Les pays sous développés peuvent se développer, grâce aux technologies informatiques celles-ci étant profitables à l’éducation, à une meilleure compétitivité économique et, conséquemment, à l’acquisition d’une plus grande autonomie par rapport aux pays industrialisés. Le fossé (la fracture numérique) ne tend malheureusement pas à se réduire entre les pays développés et ceux en développement. L'atteinte d'une éducation de qualité pour tous dans le monde peut être favorisé par les TIC. Les TIC présentent une réponse viable aux problèmes liés à la déscolarisation, car les nouvelles technologies de l'information peuvent répondrent aux besoins des étudiants des pays sous développés,soit d'avoir des offres d'emplois et des possibilités d’apprentissage efficace. L'utilisation efficace des TIC dans ces pays assurera une population éduquée et compétente et ainsi un développement durable. C'est facile de dire que les TIC favorise une éducation de qualité pour tous, mais on doit se rendre à l'évidence qu'il y a une manque de fonds pour appuyer les initiatives d’intégration des TIC dans les pays en développement . C’est ici qu’interviennent certains organismes d’aide au développement durable des pays sous développés. Micro-Recyc-Coopération , est une organisation canadienne qui recueille des ordinateurs usagés et des accessoires informatiques auprès de la population et des entreprises canadiennes afin de leur donner une seconde vie dans les pays pauvres. Ainsi, l’organisme encourage un geste, voire un réflexe, de récupération qui engagera la transmission sociale de valeurs liées à l’éducation et à la conscientisation dans un cadre de développement socioéconomique durable et, conséquemment, respectueux de l’environnement.
Ici au Québec
Depuis avril 2007, Bureau en gros soutient les initiatives qui encouragent l’éducation, créent l’esprit d’entreprise et préservent l’environnement en récupérant le matériel informatique désuet. Donc, les québécois peuvent aller porter leurs déchets informatiques et électroniques dans les succursales Bureau en gros du Québec. Cette initiatve est réalisé en partenariat avec l’émission La Vie en Vert de Télé-Québec et le Réseau québécois des CFER. D'ailleurs, de plus en plus de constructeurs - comme IBM, Xerox, Compaq, Apple, Canon - mettent en place des services de reprise et de recyclage de matériel désuet. Il exite au Québec, l'association Ordinateurs pour les écoles du Québec qui remet les vieux appareils en état et les achemine aux écoles et aux bibliothèquesOPEQ. Il faut dire que beaucoup d'écoles au Québec réclament des budgets exhorbitants pour instaurer des laboratoires informatiques à la fine pointe de la technologie. Est-ce vraiment utile? Quel souci de l'environnement! Par exemple, le nouveau campus universitaire de l'UQAR à Lévis a dépensé de très grandes sommes d'argent pour se munir de nouveaux ordinateurs et de nouveaux logiciels propriétaires ( Microsoft Windows....). Parallèlement à ces installations, Mr. Jacques Daigneautl, professeur à cette université a mis en place un projet pour promouvoir le logiciel libre dans les milieux scolaire et communautaire afin de contribuer à l'éclosion d'une communauté virtuelle fondée sur le partage de la connaissance et des expériences de vie. Ce projet est Levinux. De ce projet a été créé un laboratoire informatique avec l'aide d'une entente avec l'OPEQ. Ainsi, plusieurs postes de travail sont mis sur pied, avec des ordinateurs recyclés, ayant comme système d'exploitation Linux. Les ordinateurs fonctionnent en réseau. Le laboratoire Lévinux est situé dans une pièce chaleureuse de l'université, les ordinateurs sont placés 4 par table face à face pour représenter le partage et la collaboration en informatique. Des lampes d'ambiance servent pour l'éclairage. Les étudiants sont invités à décorer le local à leur guise, et ainsi se l'approprier, puisque les valeurs prônées ici sont le partage des connaissances et l'égalité.
Informatique écologique, idéologie ?
Qui peut rendre l'informatique écologique? NOUS! En tant que consommateur. Encore une fois, c'est le consommateur qui influence le marché! Le consommateur doit réaliser le pouvoir qu'il détient en tant que membre actif de la société, au quotidien, à travers chacune de ses décisions : choix de consommation, choix du commerce où s’effectue l’achat, considération du contexte d’origine du matériel informatique, nécessité de l’achat, choix de réutilisation, choix de recyclage, choix politiques, tentatives d’influencer autrui vers des choix réfléchis, etc. Donc, avant d'acheter un ordinateur, pensez aux alternatives possibles: votre ancien ordinateur, peut-il être "upgradé" ? Prôner l'achat d'un ordinateur d'occasion et quitte à acheter un neuf, choisir le modèle le plus adapté. Et si l'ancien est toujours fonctionnel, veillez à lui offrir une seconde vie, ou s'il est irréparable, recyclez-le convenablement (Bureau en gros...). Ce sera donc par la prise de connaissance, puis de conscience des citoyens que nous pourront intervenir adéquatement afin de minimiser les effets néfastes de la pollution informatique, maximiser les profits sociaux et ainsi respecter le cadre du développement durable. Afin de mener à bien ces projets sociaux, il faudra reprendre le contrôle du train de l’économie, qui consomme plus et toujours plus, accélérant sans cesse, sans savoir s’il finira par détruire la planète et quand cela se produira.
Autres sources médiagraphie utilisées dans la réalisation de ce texte :
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