Le Sceptre impérial avait été dérobé alors qu’il était en transit vers Héliopolis. Dans le Haut-Empire, la nouvelle avait circulé très rapidement et le conseil impérial avait été convoqué d’urgence. Dans la salle du Trône, les seigneurs de districts et les intendants discutaient debout devant le trône de l’Empereur. Surplombé par d’immenses statues de pierre disposées en cercle et représentant les Dieux, les nobles étaient nerveux et inquiets de la situation.
L’empereur, Hélios le 30e, avait été dépêché sur les lieux. Il n’était pas ordinaire pour un empereur de rester dans la capitale quelques jours avant la nomination de son successeur. Néanmoins, la situation était extrême et pour la première fois depuis sa fondation, l’Empire risquait de ne pas avoir d’Empereur. À l’entrée de l’Empereur et de son conseiller dans salle, on se serait attendu à ce que les nobles lui paient hommage, mais ce ne fut pas le cas. Les nobles continuaient leur discussion sans se préoccuper du nouveau venu.
L’empereur prit place sur le trône impérial vieux de 15 millénaires. Fait à l’image d’Arendar, le patron du Panthéon, le trône était encore plus élevé que les autres statues. Il le savait très clairement, dans quelques jours, il serait enterré dans la crypte impériale
- - Mon seigneur, je suis désolé du manque de respect, les nobles seront punis en conséquence, dit Rinn, le conseiller de l'Empereur.
Rinn avait servi loyalement l’Empire et l’empereur toute sa vie. Avant de devenir conseiller et Tolgar Empereur, ils avaient été les meilleurs amis. Rinn et Tolgar avaient grandi ensemble dans les montagnes du Haut-Empire. Toutefois, lorsque que Tolgar est devenu Empereur et a pris le nom d'Helios, Rinn n’est pas devenu immortel. Heureusement, en raison de la longévité des nains, les deux amis ont pu continuer à servir l'Empire ensemble, mais alors que l'un restait jeune, l'autre vieillissait.
- - Non, non dit-il en prenant une pause de quelques secondes en regardant son vieil ami. Pour eux, je suis déjà mort, j’appartiens au passé. Il ne me reste que 4 jours avant d’être enfermé dans mon tombeau.
Puis, la salle devint, et ce, d’un seul coup, silencieuse. Le prophète venait de faire son entrée. Il salua respectueusement l’Empereur et se plaça à ses côtés. À son tour l’Empereur le salua et lui donna le droit de parole.
- - Messieurs, comme vous avez pu l’entendre par l’entremise des rumeurs, le Sceptre impérial a été dérobé dans la colonie de Tharanthos. Malheureusement, nos oracles ont été incapables de le localiser ce qui signifie que les coupables utilisent de la magie.
Le mot magie avait fait réagir les nobles. Les quelques qui n’avaient pas trop été inquiété par la disparition du sceptre l’étaient devenu précipitamment lorsque le Prophète avait mentionné ce mot tabou. L’utilisation de la magie était prohibée à travers tout l’Empire. Cette peur est justifiée par le fait que les Arendarians craignent historiquement deux choses. La première étant la magie, et ce, en raison du cataclysme. Le deuxième étant les inquisiteurs, ceux qui pourchassent sans repos et sans discrimination les magiciens ou toutes personnes ayant été en contact avec l’une ou l’autre de ces différentes sources.
- - Un inquisiteur a été dépêché sur place et la situation devrait être réglée d’ici quelques jours.
Pour sa part, l’intendant Leonore de Tharanthos, un jeune humain de 16 ans, était encore plus inquiet que les autres et il avait raison de l’être, car la dernière fois qu’un inquisiteur était intervenu dans sa colonie, une ville complète avait été rasée.
- - Nous avons aussi, dit le prophète avant de se faire interrompre par Leonore.
- - Prophète, je suis désolé de vous interrompre, mais j’ai des réserves par rapport aux inquisiteurs.
Le jeune homme se tut et le Prophète ne repris pas la parole. Il regarda l’intendant et lui fit signe de continuer.
- - Comme vous le savez, avant votre arrivée comme Prophète, nous avons eu une révolte à Taranthos. Tout le sud de la colonie s’est insurgé contre les politiques coloniales et minières de l’Empire.
- - Je sais
- - Heureusement, l’armée impériale est intervenue très rapidement et la révolte n’a pas eu de graves conséquences, sauf peut-être pour la mort de mon père, se dit-il en terminant silencieusement. Vous savez aussi que les chefs de la révolte n’ont jamais été identifiés et qu’il y a un risque de représailles.
- - Vous pensez que les Inquisiteurs pourraient motiver ou inciter la population à un nouveau soulève ?
- - Je le pense et je le crois Prophète.
Se fut le tour du chef militaire de l’Empire, un homme corpulent et belliqueux de couper la parole à l’intendant
- - Si vous me permettez Prophète, j’aimerais suggérer une intervention militaire à Taranthos.
- - Que suggérez-vous Mackenzie, dit le prophète
- - Une intervention majeure à Taranthos. La mise en vigueur d’une loi martiale et le déploiement d'un important contingent miltaire ce qui nous donnerait les moyens de régler une fois pour tout le cas des indépendantistes, dit l’homme en posant c’est deux mains sur son épée attachée à la ceinture. Et aussi, retrouver le Sceptre.