Le texte narratif - Projet intégrateur
Introduction
Le texte narratif est vu au cours de la quatrième année du secondaire. Étant donné qu’il fait l’objet de l’examen final et qu’il est évalué par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, nous avons décidé de l’exploiter pour ce projet d’intégration. L’utilisation du programme CMapTools nous a semblé très utile pour ce projet, car nous voulions que les élèves puissent avoir un document clair et schématisé contenant les concepts les plus importants du texte narratif, qu'ils pourront consulter à tout moment pendant les cours. Évidemment, le but ultime de ce projet est que les élèves soient complètement à l’aise avec le texte narratif et qu'ils soient fin prêts à passer leur examen final.
Les étapes
Étape 1 L’enseignant questionne les élèves, placés en dyades, à propos du texte narratif afin qu’ils se remémorent les connaissances qu'ils ont déjà sur le fonctionnement du texte narratif et ses cinq éléments obligatoires (narrateur, personnage(s), lieu(x), temporalité, évènement(s)). De retour en classe, l'enseignant demande aux élèves de sortir des éléments de réponse puis les incitent à donner leur opinion sur l'endroit où ils devraient être placés dans une carte conceptuelle. Les élèves doivent justifier leurs choix et la classe est fortement incitée à participer en argumentant sur ce qui serait la meilleure option à choisir. Lorsque la classe en arrive à un consensus, l'enseignant reproduit la carte sur CMapTools et la fait imprimer pour que les élèves conservent ces repères en tête et aient un outil auquel se référer tout au long de l'année. Les élèves ne font pas leur propre carte conceptuelle avec CMapTools étant donné que l’utilisation du programme peut être compliquée, demanderait beaucoup de temps en classe et que ce n’est pas tous les jeunes qui ont accès à Internet à la maison. On ne peut donc leur demander de la terminer en devoir. Voici à quoi devrait ressembler la carte conceptuelle : Carte conceptuelle du Schéma narratif L'enseignant propose finalement aux élèves un site Internet à propos du texte narratif, que les élèves sont invités à consulter afin d'avoir une autre vision de la matière.Lien vers le site proposé aux élèves.
Étape 2 Les élèves font la lecture d’un texte narratif choisit par l'enseignant. L’enseignant leur demande ensuite, en classe, de faire ressortir les cinq éléments importants nommés plus tôt et de démontrer les liens qui les unissent. NouvelleàlÉtude Les élèves pourront ainsi remplacer les éléments abstraits retrouvés dans la première carte conceptuelle et en former une nouvelle avec un exemple concret. L’enseignant conçoit ensuite la nouvelle carte CMaptools représentant le schéma narratif du texte étudié et la distribue à tous les élèves.
Étape 3 L’enseignant explique aux élèves qu'ils devront créer une nouvelle se situant à l’époque de la Révolution tranquille. Il leur demande de faire des recherches sur Internet au cours d'une période de classe. Il leur explique ensuite comment critiquer un site Internet. Afin de les aider à démarrer leur projet et de leur donner un exemple concret de comment critiquer les sites de référence qu'ils trouveront, l'enseignant donne un lien vers un site Internet à propos de la Révolution tranquille. Site sur le Révolution tranquille L'enseignant exige aussi que les élèves utilisent Diigo afin de partager leurs recherches. Ils devront trouver au moins 5 sites intéressants où ils surligneront l'information pertinente à la recherche. Diigo leur permettra ainsi de s'informer beaucoup plus rapidement puisqu'ils n'auront pas à évaluer la validité de toutes les informations qu'ils trouveront. Leurs collègues auront déjà fait une grande partie du travail. Vous vous demandez qu'est-ce que c'est que Diigo? Visitez la page suivante : DescriptionDiigo.
Étape 4 Suite aux recherches des élèves, l’enseignant donne deux périodes aux élèves pour la rédaction de leur texte. S’ils ne finissent pas dans ce laps de temps, ils devront terminer en devoir. Les critères que les élèves doivent respecter pendant l’écriture de leur texte sont clairement indiqués avant la rédaction.
- Le texte doit être écrit dans un français correct.
- Il doit contenir trois éléments historiques de l’époque de la Révolution tranquille. Par exemple : les mœurs et coutumes, le contexte politique ou économique, les habillements des gens de l’époque, les lieux, etc.
- Le texte doit contenir les cinq éléments nécessaires au texte narratif : évènement, narrateur, personnage, temps et lieux.
- Ces éléments doivent aussi servir à la progression du texte.
- Le texte ne doit contenir aucun cliché.
- Le texte doit avoir entre 500 et 550 mots.
Étape 5 Les élèves sont invités à copier leur texte sur le blogue de la classe, Blogue sur le texte narratif Ils devront avoir créé un profil avec un pseudonyme et un avatar afin qu'il n'y ait pas de jugements inappropriés rédigés sur le blogue. Cela pourra aussi éviter le malaise d'être lu et étiqueté par les élèves de la classe. Vous vous demandez qu'est-ce qu'un blogue? Visitez la page suivante : BloGue.
Étape 6 L’enseignant explique aux élèves comment faire des commentaires. Suite à cet exposé, chaque élève doit commenter au moins deux textes qui sont sur le blogue selon des critères bien précis :
- Est-ce que le texte contient tous les éléments exigés par l’enseignant?
- Le texte est-il original?
- Est-ce que le texte est plausible?
- Est-ce que le texte contient des clichés?
- Est-ce que les éléments historiques contenus dans le texte sont bien incorporés et véridiques?
- Quelle est ton appréciation personnelle? Justifie tes propos.
L’enseignant invite également les parents des élèves à venir commenter les textes. Cela a pour but de mettre à l’aise la classe par rapport aux commentaires qu’ils ont à écrire et ainsi de créer un certain engouement.
Étape 7 Suite aux commentaires des pairs, les élèves doivent retoucher leurs textes. Le délai entre l'écriture et la réécriture leur permettra d'analyser leur texte avec un point de vue beaucoup plus objectif.
Étape 8 Le résultat final sera lu devant les tout-petits du primaire. Cette étape leur permettra d'évaluer les points forts et faibles de leurs textes en analysant la réaction des enfants puis de leur donner une très grande confiance en eux-mêmes, les élèves plus jeunes étant beaucoup moins exigeants que leurs collègues du même âge.
But pédagogique
Nous tenterons, à l'aide de ce projet d'intégration, de développer les connaissances, ainsi que le raisonnement de nos élèves. En travaillant le texte narratif, ces derniers pourront comprendre la structure générale de ce type de texte grâce à la recherche des différentes composantes (évènement, narrateur, personnage, temps, lieux) puis par l’observation des relations qu'elles entretiennent ensemble. Ils devront ainsi, dans un premier temps, se baser sur leurs connaissances antérieures afin de trouver les éléments primordiaux du texte et les placer dans une carte conceptuelle. Cette étape leur permettra de les hiérarchiser selon le type et le nombre de relations qui les relient et donnera à l’enseignant une bonne idée des représentations de ses élèves. Puisque ce travail se fera en dyade, les élèves devront nécessairement développer leur sens de la communication en s'adaptant à l'autre par le biais de la négociation. Ils devront faire preuve d'ouverture face aux autres idées et finalement s’exprimer simplement, avec les termes appropriés afin de se faire comprendre. Lorsque chaque dyade sera arrivée à construire une carte commune, l’enseignant demandera à chaque groupe de montrer son travail de sorte à ce que les élèves puissent commenter et critiquer les cartes des autres. Ils devront alors apprendre à faire leurs commentaires tout en tenant compte de la sensibilité de l'autre et à les justifier, à argumenter afin que la meilleure option soit choisie.
Les élèves devront aussi exercer leur sens critique puisque nous leur demanderons de chercher des informations sur Internet. Ils devront ensuite juger de ce qui leur semble être une information plausible, sure et mettre de côté les informations bâclées.
En créant individuellement un texte narratif, les élèves pourront développer leur créativité et faire montre de rigueur. En effet la conception d’un texte en utilisant des recherches préalablement effectuées sur Internet permettra à l’élève de dépasser la simple création d’un texte imaginaire en exigeant qu’il tienne compte d’un ensemble de facteurs externes à sa zone de confort habituelle. La rigueur sera de mise afin que le texte respecte les règles de la langue française, que les informations soient complètes et exactes et que l’ensemble des éléments du texte narratif soient présentés de sorte à produire un texte viable.
Les élèves pourront aussi développer leur sens critique par le biais du blogue. En exigeant au moins deux commentaires par élève, respectant les critères donnés.Cette évaluation par les pairs ainsi qu'une lecture à des plus petits leur permettra finalement de développer leurs capacités en communication telles que l’expression orale, la posture, le débit, l’articulation, l’interprétation du texte, l’intonation, etc. Nous pensons aussi que cette étape permettra d'augmenter leur confiance en eux et en leurs écrits. La présentation du texte devant des plus jeunes qui n’ont pas encore le même niveau de connaissance et de savoir-faire quant à l’écriture et à la lecture permettra de faire ressortir l’ensemble des acquis qu’ils ont assimilés depuis le début de leur scolarité.
Comment chercher et critiquer des textes?
La recherche d'informations
L’enseignant devra donner quelques trucs aux élèves avant qu’ils se rendent en laboratoire d'informatique. Ces conseils auront pour but de les aider dans leur recherche sur la Révolution tranquille. Voici le processus que l’enseignant suivra avec sa classe.
Il doit d’abord enseigner aux élèves à chercher avec un moteur de recherche. Pour se faire, ils doivent être capable de bien déterminer les mots-clés à écrire. Par exemple, un maximum de 8 mots est conseillé. Il faut éviter les verbes d’action, les pronoms et les adjectifs. Il ne faut également pas utiliser les signes de ponctuation et il ne faut faire aucune erreur d’orthographe. L’enseignant peut apprendre à la classe comment utiliser les syntagmes, ces combinaisons de quelques mots que le moteur de recherche doit trouver dans un ordre précis. L’enseignant peut donner un truc bien simple aux élèves, qui augmentera leur chance de trouver des sources pertinentes, en leur expliquant comment utiliser les signes «+» et «-» dans leurs recherches. Afin que les élèves puissent se remémorer ces informations, l’enseignant peut donner la source Internet qu’il a utilisée. Comment chercher dans Internet de façon efficace ?
L’enseignant peut aussi proposer un autre lien pour aider les élèves à rechercher sur Internet. Ce lien est très utile pour orienter les jeunes vers le moteur de recherche le plus efficace sur la Toile. On leur explique les différents moteurs de recherche Les moteurs de recherche , comment faire une recherche simple dans un moteur de recherche Comment faire une recherche simple? Le dernier site que nous proposons contient, entre autres, une rubrique dédiée à Google. Dans cette page Document sur Google on explique comment chercher une définition, de l’information sur un personnage mort ou vivant, le résumé d’une œuvre littéraire et plus encore. Ce site vaut vraiment la peine d’être exploité par une classe qui fait une recherche. L’enseignant peut donc encourager fortement sa classe à aller la consulter.
Comment critiquer l'information trouvée sur Internet
Afin d’aider les élèves à vérifier et critiquer les informations trouvées sur Internet pour qu’ils soient certains de leur authenticité, l’enseignant proposera deux liens Internet à la classe.
Le premier lien proposé est un site divisé en 6 questions très précises. D’abord, l’élève doit se demander qui est l’auteur du texte ou de l’information qu’il vient de trouver. Ensuite, il doit se demander qu'est-ce qu'il doit cibler dans le texte ou dans sa recherche afin de trouver les meilleures informations possible. L’élève doit alors chercher où il a trouvé cette page ou cet article. On décrit efficacement, sur ce site Internet, ce que veut dire «http», «www», ou encore «index.html». Ce lien contient aussi la liste des codes de chaque pays de l’hébergeur, comme «ca» pour Canada ou «fr» pour la France. L’élève est ensuite appelé à s'interroger à propos de quand le lien a-t-il été mis en ligne sur Internet, et ce, afin qu’il obtienne les informations les plus récentes que possible. L’élève doit aussi s'interroger au sujet des informations et de comment elles sont présentées sur la page web. Plusieurs exemples de questions que le jeune devrait se poser sont présentées sur ce site afin de l’aider dans sa démarche. Finalement, l’élève doit se demander pourquoi on a mis ces informations sur le web et sur les motivations de celui qui l’a conçu. Grâce à ces 6 questions, l’élève pourra supposer que les informations qu’il a trouvées sont pertinentes. Six questions à se poser pour critiquer l’information trouvée sur le web
L’enseignant peut aussi proposer à sa classe un autre lien Internet, celui-ci est fait sous la forme d’une fiche qui pourrait très bien être imprimée et remise aux élèves. Plusieurs questions sont présentées et séparées sous différentes rubriques. Par exemple, il y a une rubrique «auteur» où on demande à l’élève de noter qui est l’auteur, comment on peut le rejoindre, s’il fait partie d’un organisme officiel, etc. Il y a également une section «contenu de la page» où les questions sont en lien avec la qualité de l’information. L’enseignant peut même obliger chaque élève à remplir cette fiche à chaque référence qu’il utilise. Le jeune comprendra alors l’importance de toujours vérifier l’information trouvée sur le web, mais aussi comment faire pour la critiquer. Il développera ainsi une procédure d'évaluation de l'information trouvée qui lui permettra de créer des automatismes très utiles pour toutes ses futures recherches. Site contenant une fiche d’aide pour critiquer l’information sur le web Il faut finalement souligner que la capacité de critiquer les sites Internet ne constitue que la pointe de l'iceberg puisqu'elle permettra à l'élève de critiquer toutes les informations qui lui seront données afin de se construire une pensée bien réfléchie.
Carte conceptuelle de la démarche
Nous avons conçu une carte conceptuelle reprenant l'ensemble des notions abordées au cours de ce projet. Vous pourrez y avoir accès en cliquant sur le lien suivant : Carte conceptuelle de la démarche sur le texte narratif
Les limites du projet
Bien entendu plusieurs étapes de ce projet supposent que les jeunes aient accès à un ordinateur. Nous avons tenu compte de la possibilité que les jeunes n'y aient pas tous accès facilement en proposant des périodes en classe d'informatique, mais il est probable que tous les élèves ne terminent pas dans les limites de temps, certains étant moins rapides que d'autres. Ces derniers devront ainsi trouver des moyens pour continuer le travail en dehors des heures de cours ce qui peut entraîner une démotivation importante.
Il faut aussi souligner que cette démarche demande énormément de temps en classe. Le sujet d'apprentissage vaut toutefois, selon nous, le temps que nous y accordons. Nous sommes convaincus que le temps passé sur ce sujet lors de la démarche ne sera pas à recommencer l'année d'après puisque les savoirs seront structurés et assimilés par les élèves.
L'enseignant aura une tâche augmentée puisqu'il devra accompagner les élèves lors de la découverte des éléments du texte narratif, construire la carte conceptuelle sur Cmaptools puis corriger et les commentaires des élèves, et leurs textes finaux. Cette charge de travail pourrait être très lourde pour un enseignant qui, normalement, ne ferait que d'enseigner les savoir puis corriger les textes des élèves, mais les avantages de cette démarche valent certainement le temps qu'il y mettra.
L'enseignant devra aussi faire des ententes avec des enseignants du primaire afin que certaines de leurs périodes soient réservées à la lecture des textes des élèves. Cette étape pourrait donc ne pas pouvoir se faire étant donné qu'elle est hors du contrôle de l'enseignant qui ne peut que demander, mais n'est jamais certain du résultat final, la clé étant dans les mains de d'autres enseignants.
Conclusion
Pour conclure, nous pouvons maintenant affirmer que les nouvelles technologies ont rendu ce projet intéressant et enrichissant pour les élèves. Nous sommes certaines qu'il stimulera nos classes futures. Il nous aura permis de créer un outil interactif, le blogue, qui pourra constamment évoluer en fonction de nos désirs et de nos élèves. Nous avons ainsi pris conscience que les technologies d'aujourd'hui peuvent changer notre manière d'enseigner une matière que les élèves voient et revoient depuis qu'ils sont au primaire. Les TIC peuvent donc aider un enseignant à renouveler ses méthodes d'enseignement. C'est aussi une excellente façon de développer l'intérêt des élèves pour le français et d'éveiller leur sens critique. Malheureusement, travailler avec les nouvelles technologies implique que les écoles se dotent de classes informatiques et que les élèves puissent avoir accès, autrement qu'en classe, à un ordinateur branché sur Internet. Ces facteurs sont en dehors de notre contrôle et nous espérons qu'ils n'empêcheront pas la réalisation de notre projet. Nous avons adoré monter ce projet et nous avons franchement hâte d'appliquer tout ce que vous avons appris avec nos futurs élèves.
Licence choisie
Nous avons choisi la licence Copyleft puisque nous croyons que ce qui a été fait peut servir à d'autres donc il sera possible d'utiliser les informations ci-haut mentionnées de façon complètement libre. Pour nous, le Web doit être accessible à tous et doit aussi être un lieu de collaboration (ce que vise principalement les défenseurs du Copyleft). Nous sommes conscientes du fait que n'importe qui pourrait reprendre ces informations et les privatiser, mais nous aurons toujours les droits sur cette version-ci et pourront améliorer le contenu de cette rubrique tout de même, dans un esprit de collaboration.
Les conceptrices
StéphanieGignacLord et KathleenStPierre