Ghislain MesconceptsSurlepouvoir

Foucault, M. (1975). Surveiller et punir. Paris: Gallimard

Les concepts fondamentaux que je retiens

Le style pénal C’est la conception du processus pénal. Deux principaux modèles de punition judiciaires sont présentés. Une conception de la punition judiciaire qui repose sur l’art de faire souffrir le corps par une violence accrue. Le style pénale moderne qui est basé sur une punition mois immédiate, une discrétion qui ne signifie pas pour autant la disparition de la violence sur le corps.

La punition, Peine, châtiment, sanction

Dans le processus pénal, la punition est considérée comme la sanction, le châtiment, la souffrance qu’on doit infliger à un criminel. Cette punition se caractérise par des pratiques particulières qui varient selon les époques et les pays. Ces pratiques peuvent être soit publiques, soit voilées ou tacites. Elles peuvent célébrer ou pas la force et la violence sur le condamné. Dans le premier cas, on observe une implication directe de l’appareil judiciaire elle-même dans l’exécution de la peine (exécution par exemple). Dans d’autres cas, la justice peut prétendre s’en dessaisir et faire croire que l’application de la peine relève d’autres institutions. Sa définition dépend ainsi du style pénal. Le corps peut être considéré comme l’objet même du châtiment ou de la peine. Le corps peut faire l’objet d’un rituel qui s’alimente des violences visibles. Le corps est alors objet de traitement physique violent, traitement assuré par les bourreaux. Le corps peut aussi être l’instrument nécessaire et utile à l’application de la peine. Elle se traduit alors par la privation de liberté, suppression de la douleur née de la violence physique. Celle ci est remplacée par un système d’obligation, de contraintes et d’interdits. Cette conception de la sanction judiciaire fait de la justice non plus une activité isolée, mais un domaine relié à d’autres techniciens, d’autres sciences.

Le complexe scientifico-juridique C’est un concept qui permet de définir la transformation de la peine encore appelée sanction ou châtiment. Ce concept repose sur une redéfinition et une requalification de la justice. Celle-ci est née des nouvelles préoccupations de la justice qui la conduisent à une extension de son champ d’application. Celle-ci conduit à de nouvelles interrogations sur la définition même du crime, du délit, sa nature, sa substance, sa qualité. Dès lors, il s’agit de répondre aux questions suivante: Qu’est ce dont que ce crime? Qu’est ce que cette violence ou ce meurtre? A quel niveau ou dans quel champs de réalité l’inscrire? Comment assigner le processus causal qui l’a produit? Quel mesure prendre qui soit la plus appropriée? Comment prévoir l’évolution du sujet? La réponse à ces questions rend le processus pénal appréciatif diagnostique pronostique, normatif. Ces questions interpellent alors d’autres expertises, d’autres sciences en plus de l’expertise judiciaire. Il s’agit des surveillants de prison, criminologues, médecins, anthropocriminologues, aumôniers, psychiatres, psychologues, éducateur. Par le recours à ces sciences, la justice postule l’entrée des délits dans le camp des objets susceptibles d’une connaissance scientifique. Dans ces conditions, la justice incluse les autres sciences dans le traitement de la peine. C’est-à-dire dans l’œuvre et l’action judiciaire. Cette union entre la justice et les autres sciences transforme alors celle-ci en complexe scientifico-juridique.

Le corps Il peut être définit sous plusieurs perspectives. Du point de vue biologique, anatomique et physiologique, le corps désigne l’organisme humain qui disposent d’un ensemble de membres, d’appareil lui permettant de fonctionner (tête, pieds, bras, système nerveux, appareil digestif, appareil respiratoire, etc.). Le corps peut aussi être considéré comme l’enveloppe qui abrite et qui porte l’âme, l’esprit. Dans ce cas, il est vu comme le siège des sentiments, des sensations, de la sensualité, des passions, des désirs, etc. Dans ce cas, il est vu comme le siège des sentiments, des sensations, de la sensualité, des passions, des désirs. Ces éléments entrent dans la volonté du criminel c’est-à-dire son implication dans le crime ce qui fait aussi de l’âme un objet de la justice. Elle considère alors que les circonstances du crime, la connaissance du criminel, l’appréciation qu’on porte sur lui, ses rapports entre lui, son passé et son crime, ce qu’on peut attendre de lui à l’avenir doivent faire partie intégrante de l’action judiciaire, de la peine.

Technologie politique du corps Dans le processus pénal contemporain, la justice fait recours à d’autres sciences pour investir l’âme du sujet criminel. Leur apport élargit ainsi le champ d’investigation de la justice qui se transforme en complexe scientifico-juridique. Cette alliance donne alors naissance à la technologie politique du corps. Elle peut se définir comme l’ensemble des éléments matériels et techniques qui servent d’arme, de relais des voies de communication et de point d’appui au relations de pouvoir et de savoir qui investissent les corps humains et les assujettissent en en faisant l’objet de savoir. Cette relation de pouvoir, entre la justice et les autres sciences dans le processus pénal, donne lieu à un savoir possible à des concepts divers, des domaines d’analyse, des discours scientifiques et des techniques d’analyse, des revendications morales liées à la peine.