Le clavardage et l'apprentissage du français


L’avènement d’Internet dans notre société amène un nouveau phénomène de télécommunication auprès des jeunes tant au primaire qu’au secondaire. Le clavardage permet une communication instantanée entre au moins deux individus. Possibilité de conserver l’anonymat ou d’interpeller un individu provenant d’un autre continent, ce moyen de communication a tout pour séduire nos enfants. Toutefois, la troncation des mots utilisée pour « tchatter » nuit-elle à la langue française ?

Le clavardage est privilégié, en majorité, par les adolescents et les jeunes adultes qui, parallèlement à cette activité, sont au cœur d'apprentissages de leur langue maternelle. Or, l’utilisation de mots abrégés (de plus en plus répandue), qui permet une écriture plus rapide, néglige les fondements de la langue française. Ainsi, l’expression « quoi de neuf » se traduit « koi 2 9 » pour les adeptes du clavardage. Cette création fait abstraction des règles d’accord ou de conjugaison proposées par la traditionnelle grammaire. Ce style d’écriture aurait, aux dires de certains enseignants, une influence négative sur le français. En effet, il serait facile d’intégrer ce dialecte, de le généraliser et de le transposer inconsciemment dans une composition en français ou dans une lettre à l’attention d'un employeur. Toutefois, il n’existe aucune étude qui montre l’impact du clavardage sur la qualité du français.

Nombreuses sont les écoles qui, à Québec, interdisent le clavardage. L’école Joseph-François-Perreault a expérimenté cette expérience pendant une année avant de l’interdire. Une enseignante explique qu’aucune surveillance ne pouvait être effectuée. La qualité du français, pendant les périodes de "tchatt," était médiocre et les sujets traités transgressaient les valeurs éducatives de l'école. Un second professeur, du Petit Séminaire de Québec, émet l’hypothèse que le clavardage affecterait les élèves éprouvant plus de difficultés en français.

D’un autre côté, quelques milieux scolaires exploitent déjà le clavardage à des fins pédagogiques. Effectivement, depuis 1999, la Commission scolaire des Chênes exploite le «tchatt.» Cette pratique permet aux élèves l’apprentissage de diverses matières: la géographie, l’histoire et même le français. Ici, l’essentiel serait d’imposer des contraintes aux étudiants lors d'une telle activité.Par exemple, l’interdiction de tronquer des mots. Ce projet développerait de nombreuses habiletés chez les élèves que ce soit en lecture ou en écriture. Il favoriserait également l’ouverture à de nouvelles cultures tout en amenant les élèves à mieux intégrer la matière. Par ailleurs, après une année d’expérience, les enseignants observaient, chez les apprenants, un vif intérêt pour la réalisation des projets donnés, une meilleure capacité à maîtriser le français et une meilleure coopération entre les élèves.

En somme, le clavardage peut engendrer des conséquences quant à l’écriture de la langue. Cependant, une fois réglementée, il constitue un outil pédagogique extraordinaire mis à la disposition des enseignants. En ce sens, de part son omniprésence dans notre société, Internet ne pourrait-il pas être une façon de raccrocher nos jeunes à l’école.


Les références

http://www.media-awareness.ca/francais/ressources/projet_speciaux/sondage_ressource... http://www.infobourg.com/sections/actualite.php?id=7949 http://www.csdm.qc.ca/clavardage/clava/index.html


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