Ce que je retiens de la section III de Surveiller et punir de Michel Foucault
Les corps dociles et Les moyens du bon dressement (Section « Discipline »)
On vise, par la coercition, à rendre les corps à la fois utiles et obéissants. Le corps entre alors dans un mécanisme d’efficacité et de rapidité (comme le corps du soldat, par exemple, qui est « dressé » au départ). Les corps deviennent donc « dociles ». « Le corps humain entre dans une machinerie de pouvoir qui le fouille, le désarticule et le recompose » (p. 162). C’est ce qu’on appelle une « anatomie politique », « une mécanique du pouvoir ». Tout cela se fait selon une ruse, une tactique (car il faut être « rusé » pour réussir à rendre les corps dociles!). Il faut alors avoir de la discipline et un fonctionnement dans lequel tout le monde a sa place et chacun a son rôle, rôle qui peut toutefois être échangé selon le temps et le contexte. Les individus (par exemple, les travailleurs dans une usine) sont dans des clôtures, c’est-à-dire dans des lieux fermés où il est possible de les surveiller, ceci dans le but d’assurer l’efficacité du travail.
La discipline fabrique des corps qu’elle contrôle. À plusieurs, les corps sont encore plus productifs (parallèle avec les travailleurs d’une usine, la force naît de la coopération!). Mais pour qu’il y ait vraiment productivité, il doit y avoir surveillance. Il faut alors élaborer un solide système de surveillance. Il faut un système de bâtiment en rond (référence ici au Panopticon de Bentham, prison ronde!) où l’œil « surveilleur » peut voir tout ce qui se passe. Il faut également prévoir, dans chaque établissement, un système disciplinaire qui visera à punir les fautes de ceux qui ne se conforment pas aux règlements de l’établissement en question. Par exemple, on sait que dans une armée (ou même dans un groupes de cadets), un soldat (ou un cadet) peut, comme punition, avoir à faire une quarantaine de « push-up » s’il a omis un règlement ou qu’il ne l’a pas respecté. On retrouve d’ailleurs dans l’armée, comme ailleurs dans la société, un système de hiérarchie dans lequel le soumis (par exemple, le soldat) doit « s’abaisser »à celui qui donne les ordres (par exemple, le lieutenant).
Foucault parle aussi de l’examen, qui est une véritable forme de pouvoir sur le savoir. L’examen est une forme de pouvoir qui ne se voit pas, alors qu’on sait que normalement, le pouvoir doit être vu pour fonctionner (on doit voir l’autorité pour la respecter!). L’examen fait aussi entrer l’individu dans un champ documentaire. On parle alors du pouvoir de l’écriture qui permet de garder dans des documents particuliers toutes les informations sur les individus (comme dans le cas des hôpitaux où on conserve les informations sur les malades). Enfin, l’examen, « entouré de ses techniques documentaires », fait de l’individu un « cas ». L’individu devient alors un objet qui peut être décrit et comparé à d’autres. Je crois alors qu’il est ainsi ramené à une note (à une inscription) qui va littéralement le représenter (voir le texte Undelete dans lequel les étudiants en sciences sont ramenés à des notes qui leur permettent ou non d’accéder à l’université dans des domaines scientifiques).
Il me reste à lire davantage le chapitre III de cette section sur le panoptisme. Je comprends jusqu’à présent que le panotisme est un système de surveillance extrêmement « serré » qui vise à exercer un puissant mécanisme de contrôle sur les individus. Lorsqu’il y avait la peste, par exemple, pour éviter la contamination, on exerçait un contrôle accru sur les gens de la ville. Le Panopticon de Bentham est le représentation architecturale de ce concept (une tour placé au centre d’un bâtiment construit en anneau; dans la tour, on observe les individus qui se trouvent dans chacune des petites fenêtres du bâtiment circulaire, ce qui permet aux gens qui surveillent d’avoir une vue sur chaque personne dans les cellules).