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Semaine 2 (29 janvier): Web 2.0

Cultures internet

Les 6 cultures d'Internet - Article de Martin Lessard, septembre 2006


Martin Lessard affirme qu'il y a six cultures d'Internet. Le Web 2.0, phénomène récent et qui découle de ces cinq prédécesseurs, en est le sixième élément.

Six cultures amalgamées

Internet n'est en fait qu'un amalgame de cultures qui se sont inter-inspirées:

  • Les militaires qui apportèrent l'aspect décentralisateur du Web;
  • L'élite technico-scientifique académique qui amena le désir d'innover, de partager et le besoin de standardisation;
  • Les programmeurs qui popularisèrent Internet et firent de la liberté son concept central, tout en faisant ressortir l'idée de coopération;
  • Les communautés virtuelles furent les premières à apporter la notion d'échange, de communication d'égal à égal où tous peuvent donner leurs idées et la diffuser;
  • Les entrepreneurs qui donnèrent une touche capitaliste au Web;
  • Le Web 2.0 est l'arrivée des "opérateurs de symboles" en offrant la place à plus de gens (dont beaucoup de jeunes) pour jouer avec le contenu d'Internet en y mettant leur grain de sel pour ainsi modifier la communication de masse.

Le Web 2.0 réside donc dans l'intérêt porté par les internautes dans la diffusion d'un message, de toute manière que ce soit (d'où le terme "opérateurs de symboles"), afin de toucher les gens. Il porte les traces de ces prédécesseurs, mais repousse plus loin les limites d'Internet.


Questionnements et enjeux soulevés

L'avènement du Web 2.0 suggère concrètement l'évolution d'Internet. Cela prouve, en effet, que celui-ci peut encore continuer à évoluer et que tous participent, directement ou non, à cette évolution. Tous amènent donc des changements, en quelque sorte. Ainsi, il importe de s'assurer de la bienvaillance des actions posées sur le Web. En donnant l'accès de diffusion à tous et chacun, certains peuvent se prévaloir de ce droit et présenter un contenu déplacé. Quelqu'un qui se retrouve sur YouTube à son insu, par exemple, démontre le risque de l'accès universel. Toutefois, le Web 2.0 améliore l'outil de communication qu'est Internet en facilitant les échanges. Comme on l'a vu, l'organisation d'une fin de semaine de camping peut en être facilitée, entre autres! (CommonCraft - Wikis in Plain English)

Dans un contexte d'enseignement, le Web 2.0 peut donc servir d'outil pédagogique interactif. Toutefois, le contenu d'Internet se dégradant rapidement, il importe d'exercer un contrôle accru.


Révolution Web 2.0

Révolution Web 2.0 - Numéro hors-série du Courrier international, automne 2007


Il était une fois le Web 2.0 - Stephen Levy et Brad Stone

Selon ces auteurs, le Web 2.0 est basé sur la participation des internautes, amenant ainsi une constante évolution du contenu. Le terme "Toile vivante" (expression de Mary Hodder) pour designer cette nouvelle génération du Web prend tout son sens puisque le Web 2.0 fait appel à l'intelligence collective, que tous participent et amènent ainsi les divers sites à fonctionner, ce qui projette de multiples possibilités. Internet étant le moyen de communication par excellence, le Web 2.0, par son orientation, concrétise donc cela.


Questionnements et enjeux soulevés

Ce texte vient concrétiser les propos apportés par Martin Lessard en approfondissant le concept de Web 2.0. Les enjeux qui en ressortent sont donc similiaires tels que l'éthique lors d'une utilisation pédagogique ou encore la liberté d'expression accrue.


Jouer la différence - Paul Boutin

Malgré la reconnaissance de tous envers le Web 2.0, les définitions ne convergent pas toutes. En effet, les différents intervenants ne s'entendent pas sur la nature de cette "Toile vivante".

  • Tim O'Reilly, l'homme à l'origine du titre Web 2.0, précise que ce dernier consiste en des outils et des sites qui encouragent la collaboration et la participation de tous. C'est donc une zone de partage et de contact où la collaboration de chacun au site contribue à l'amélioration de celui-ci. Des exemples qui traduisent cette réalité sont Facebook ou Wikipédia, entre autres.

  • Les développeurs, quant à eux, soutiennent que Web 2.0 définit les logiciels et les langages qui crées les sites. Que ce sont des outils faciles à utiliser, comme les Wikis par exemple.
  • Dans la Silicon Valley, la définition du Web 2.0 est plus réductrice, mentionnant que ce n'est qu'une façon de faire de l'argent sur le dos des internautes qui sont, avec la force des choses, les vrais créateurs du site. Un exemple de site fort populaire, mais qui ne nécessite que peu d'employés est Dodgeball.

En fait, il est vrai que le Web 2.0 est en vogue et que pour être "cool", un site se doit d'être étiquetté Web 2.0 ce qui pousse certains développeurs de site internet de se proclamer Web 2.0. Bref, le Web 2.0 n'est en fait qu'une nouvelle version du Web 1.0, donc on pourrait tout simplement l'apeller par son nom: Internet!


Questionnements et enjeux soulevés

Il est vrai qu'il peut être simple de faire un site Web 2.0 puisque tous les crédits te reviennent sans avoir à modifier sans cesse le contenu (ce sont les internautes qui le font à ta place). En ce sens, la réticence des programmeurs est justifiable. En effet, leur place est à reconcevoir avec cette transformation d'Internet. Toutefois, toute chose évolue avec le temps et il en est ainsi (et rapidement) de la technologie. Il est donc normal qu'Internet ait sa propre révolution. De plus, les gens ont une soif de s'exprimer et cette chance leur est donnée. Bien que les définitions ne s'accordent pas toutes, le sens en reste le même où chacun peut appuyer ses dires par un exemple qui rapelle la participation active de l'internaute dans le processus de création.


Le refus du rapport marchand - The economist

Une nouveauté qui fait surface privilégie la mise en commun des ressources, s'opposant ainsi à la propriété individuelle. C'est le phénomène de "l'Open source" qui constitue à créer un logiciel par la contribution de plusieurs programmeurs. Les programmes ainsi créés sont libres de droits et offerts gratuitement au monde entier via Internet. Si les programmeurs donne de leur temps pour fournir un service gratuit, c'est que cela augmente leur prestige au sein de leur communauté. Bref, l'avènement des programmes libres amène l'idée du partage des biens physiques et des idées au-delà de l'informatique. Malgré tout, cela reste l'exception pour le moment... Assiterons-nous à une généralisation de ce phénomène?


Questionnements et enjeux soulevés

"L'Open source" se rattache au Web 2.0 par la méthode de création qui prône la collaboration de tous. Dans un contexte de mondialisation, l'idée de rassembler les points forts de tous et de se mettre en commun pour donner un produit de qualité est logique. Internet a facilité la communication mondiale, il est donc normal que les gens l'utilisent pour s'entraider. En fait, ce n'est qu'une des nombreuses possibilités qu'offre Internet à l'heure actuelle. Et, comme on le perçoit, ce monde est en constante évolution.


Tout ça pour dire que...

Le Web 2.0 donne la chance à tous, du moment que l'accès à Internet est possible, de s'exprimer, de créer et de faire évoluer la Toile. Toutefois, cette liberté d'expression accrue risque d'abaisser la qualité du contenu de divers sites en ligne, bien qu'elle peut en améliorer d'autre. Un contrôle judicieux doit donc être fait, surtout dans un contexte pédagogique. Cette transformation d'Internet marque-t-elle la fin des sites statiques purement informatifs? Sûrement pas. Une chose est toutefois sûre, l'implication des internautes a la cote et ceux-ci doivent être interpellés et amenés à participer. C'est la nouvelle façon d'être "cool" sur le Web. Les programmeurs auraient donc intérêt à suivre cette tendance et y apporter leur expertise. Cela serait ainsi bénéfique pour tous.