Nos parties sur la section III de Surveiller et Punir : Discipline

Le contrôle de l’activité

Pages 175-183 , CarineRousseau

Différents moyens sont utilisés pour s’assurer de la qualité, de l’efficacité et de la productivité de toute activité grâce à la discipline en enseignant ou imposant une série de gestes définis et en imposant une relation du corps et du geste.

1. L’emploi du temps : On cherche à quadriller le temps afin que chaque instant (heures, minutes) soit bien employé et de s’assurer également de la qualité du temps employé (par exemple éviter les distractions). L’exactitude, l’application et la régularité sont les vertus du temps disciplinaire.

2. L’élaboration temporelle de l’acte : On indique ce que le corps doit faire à un moment donné, suivant une séquence donnée (par exemple : le contrôle de la marche d’un groupe). C’est le contrôle du corps dans le déroulement de toute activité et de chacune de ses phases. Le temps pénètre le corps, et par là, le pouvoir le pénètre également.

3. La mise en corrélation du corps et du geste : On définit quelle peut être la meilleure utilisation du corps pour s’assurer de l’efficacité et de la rapidité de tout geste posé durant une activité (rien ne doit être inutile).

4. L’articulation corps-objet : On impose au corps des manipulations précises des objets, dans une séquence précise.

5. L’utilisation exhaustive : La discipline permet donc d’aménager une économie positive, c’est-à-dire une utilisation toujours plus efficace du temps. Il s’agit de « tendre vers un point idéal où le maximum de rapidité rejoint le maximum d’efficacité. » (180)

Le contrôle disciplinaire permet donc de rendre les activités plus productives.


Résumé du chapitre sur la discipline: regard hiérarchique

pages 200-209, Nico

Le pouvoir disciplinaire a comme fonction majeure de dresser. Il cherche à réunir les forces afin de les multiplier et les utiliser. La discipline est la technique d’un pouvoir modeste mais permanente pour assujettir les corps. Le pouvoir disciplinaire utilise des instruments simples tels le regard hiérarchique, la sanction normalisatrice et l’union des deux dans l’examen.

Le regard, qui doit voir sans être vu, s’exerce en permanence et la construction des bâtiments permet cette surveillance générale. L’espace est pensé de sorte à permettre un contrôle intérieur, articulé et détaillé pour rendre visible tout ceux qui s’y trouvent. Le bâtiment devient un appareil d’observation, d’enregistrement et de dressage par de nombreux dispositifs : cloison entre les individus, poste de surveillance surélevé pour un regard d’ensemble, petites cellules réparties à intervalles réguliers. On organise un réseau de regards qui se contrôlent les uns les autres.

Pour augmenter sa fonction productrice, le regard disciplinaire avait besoin de relais afin d’assurer un contrôle intense et continu. En usine, notamment, la surveillance s’intègre tout le long du processus de travail par un personnel spécialisé constamment présent. On veillera à ce qu’il n’y ait pas un sou de dépensé inutilement et pas un moment de la journée de perdu. La surveillance devient un opérateur économique important. En enseignement, l’aménagement des contrôles s’organise par l’aide apporter par les meilleurs élèves afin qu’ils jouent un rôle de surveillance des tâches matérielles et pédagogiques. Cette surveillance multiplie également son efficacité.

La surveillance hiérarchisée présente des mécaniques de pouvoir importantes. Elle repose sur des individus et son fonctionnement est un réseau de relations à la verticale et à l’horizontale. Parce qu’il est partout et toujours présent; le pouvoir disciplinaire contrôle sans cesse ceux-là mêmes qui sont chargés de contrôler; jeu ininterrompu de regards calculés. Ainsi, ce réseau de surveillance produit du pouvoir et distribue les individus dans ce champ permanent et continu. La prise sur le corps s’effectue selon un jeu d’espaces, de lignes, de cloisons sans recours à la force, à la violence.


La composition des forces (p. 190 à p. 199), PatriciaGosselin

La répartition des rôles dans une armée; l’unité ou la division militaire marche comme un tout, à l’intérieur de laquelle chacun a son rôle (p. 191) Cette division devient alors une machine aux pièces multiples. Chaque homme est une petite unité avec un rôle bien précis.

On fait un parallèle entre les soldats et les travailleurs dans une journée de travail : Il faut mobiliser plusieurs personnes pour avoir une productivité efficace (la force de la coopération)

Foucault dit, à la p. 192 : « La discipline n’est plus seulement un art de répartir les corps, d’en extraire et d’en cumuler le temps, mais de composer des forces pour obtenir un appareil efficace »

« Cette exigence se traduit de plusieurs manières » (3)

1- (p. 192) « Ce n’est plus la vaillance ou la force du corps qui sont les variables qui le définissent, mais c’est la place qu’il occupe, l’intervalle qu’il couvre, la régularité, le bon ordre selon lesquels il opère ses déplacements »

(On peut alors changer les déplacements du corps pour que ce soit plus efficace (on peut « déplacer » des soldats ou des travailleurs pour que fonctionne mieux. Ces corps-là sont tous en lien entre eux, en interrelation (par exemple, il faut que le soldat coordonne ses déplacements avec son voisin pour que la « machine » fonctionne efficacement)

2- (p.193) : « Le temps des uns doit s’ajuster au temps des autres de manière que la quantité maximale des forces puisse être extraite de chacun et combinée dans un résultat optimal »

(Encore là, on donne un exemple très militaire. Tout soldat, de l’enfance jusqu’à ce qu’il soit vieillard, pourrait faire partie de la « machine » militaire. Le soldat commencerait sont entraînement jeune enfant dans une école spéciale, puis il pourrait finir ses jours, une fois rendu vieux, à enseigner dans cette même école; autrement dit, le soldat ferait toujours partie de la machine tout au long de sa vie (seul sa position changerait au fil du temps) Il n’y a donc pas de pertes de temps et le résultat final est vraiment « maximal »

3- On a besoin d’un système précis de commandement : (p. 195) « Du maître de discipline à celui qui lui est soumis, le rapport est de signalisation ». Il y a un signal, un « code » que le soumis reconnaît immédiatement pour se conformer à l’ordre. On oblige les corps à répondre à certains signaux. C’est un véritable dressage avec peu de mots. Par exemple, à l’école, on retrouvait (et on peut retrouver encore) des signaux du maître que les élèves ont appris à reconnaître spontanément, comme le claquement des doigts, les coups de sifflets, la cloche, etc.) Ces signaux peuvent tout de même être verbaux (par exemple, quand le maître donne ou donnait de courtes consignes : « Prenez ardoise! »; « Entrez dans vos bancs! »

(p. 196) : « La discipline fabrique à partir des corps qu’elle contrôle 4 types d’individualité, ou plutôt une individualité qui est dotée de 4 caractères :

1- Elle est cellulaire (par le jeu des répartitions sociale; on répartit les rôles)

2- Elle est organique (concerne le corps; par le codage des activités par des signaux)

3- Elle est génétique (par le cumul du temps; de l’enfant au vieillard, les rôles changent)

4- Elle est combinatoire (par la composition des forces; on combine les forces)

On dit aussi que la discipline met en œuvre 4 grandes techniques (p. 196) :

1- Elle construit des tableaux

2-Elle prescrit des manœuvres

3- Elle imposte des exercices

4- Pour assurer la combinaison des forces, elle aménage des « tactiques »

(Il s’agit ici de la forme la plus élevée de la pratique disciplinaire; toute la façon dont on va utiliser les corps en place pour qu’ensemble ils soient efficaces (chacun a sa position) )

La guerre et la politique utilisent d’ailleurs beaucoup de tactiques, de stratégies.

(On entend d’ailleurs souvent les expressions « machine de guerre » et « machine politique »!)