Décrire ici « TravauxAvecKarine ».
Voici notre travail: DESCRIPTION DE LA PROBLÉMATIQUE : 1. Cueillette des informations : 1.1 Définitions :
Avant de définir ce qu’est un joueur pathologique, il faut déterminer que signifie le jeu de hasard et d’argent. Ladouceur, Vitaro et Arseneault (1998) définissent le jeu d’hasard et d’argent comme une activité basée sur le hasard qui repose sur une mise irréversible d’argent ou d’objets de valeur.
Les termes utilisés dans le langage professionnel pour décrire le joueur et son problème différèrent selon les professions. C’est pourquoi, dans certains ouvrages, on réfère au joueur pathologique, au joueur compulsif et au joueur excessif. Selon Christian Jacques (2001), le joueur pathologique est un terme utilisé par l’Association des psychiatres américains, le DSM-IV et la communauté scientifique, de plus le joueur compulsif est utilisé par de groupes de soutien, certains chercheurs et certaines organisations et finalement, le jeu excessif est un terme est utilisé par le Centre québécois pour la prévention et le traitement du jeu (CQEPTJ).
- La revue lntervention (Juin 2005) caractérise le joueur pathologique comme une personne qui pratique le jeu de hasard et d’argent de façon abusive et de façon inappropriée. Ce mode de vie a un impact négatif sur ses relations familiales, personnelles et professionnelles.
1.2 Caractéristiques/manifestations/symptômes : Pour être considéré comme joueur pathologique, il faut identifier un minimum de cinq critères diagnostiques sur un total de dix présentés dans le DSM-IV sur cette problématique. Les critères sont : (1) « Préoccupation par le jeu (p. ex., préoccupations par la remémoration d’expériences de jeu passés ou par la prévision de tentatives prochaines, ou par les moyens de ce procurer de l’argent pour jouer) (2) Besoin de jouer avec des sommes d’argent croissantes pour atteindre l’état d’excitation désiré. (3) Efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu. (4) Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction ou arrêter la pratique du jeu. (5) Joue pour échapper aux difficultés ou pour soulager une humeur dysphorique (p. ex., des sentiments d’impuissance, de culpabilité, d’anxiété, de dépression) (6) Après avoir perdu de l’argent au jeu, retourne souvent jouer un autre jour pour recouvrer ses pertes (pour se refaire) (7) Ment à sa famille, à son thérapeute ou à d’autres pour dissimiler l’ampleur réelle de ses habitudes de jeu. (8) Commet des actes illégaux, tels que falsifications, fraudes ou détournement d’argent pour financer la pratique du jeu. (9) Met en danger ou perd une relation affective importante, un emploi ou des possibilités d’étude ou de carrière à cause du jeu. (10) Compte sur les autres pour obtenir de l’argent et se sortir de situations financières désespérées due au jeu. » «DSM-IV p.727-728 »
Élisabeth Papineau, PH. D. (2001) explique sous différentes facettes les principales manifestations de la problématique du jeu. a) Explication psychanalytique La culpabilité éprouvée dans l’enfance du joueur et son sentiment de rejet par les parents le poussent dans des comportements d’autodestruction. C’est une personne narcissique qui croit contrôler les éléments externes de sa vie. Cependant, il est très dépendant de son réseau. Le joueur est une personne blessée qui éprouve une grande vulnérabilité.
b) Explication physiologique (ou biologique) Le manque de sérotonine entraîne de l’impulsivité chez le dépendant. De plus, il aurait un déficit au niveau des neurotransmetteurs, ce qui explique la compensation d’une insuffisance biologique par un comportement à risque ou excitant. Aussi, la sensation de plaisir est déficiente chez le joueur. Il doit alors compenser son manque de dopamine par l’excitation que lui apporte le jeu
c) Explication comportementale L’éducation, l’environnement, des pensées biaisées, des modèles de joueurs et un fort désir de gagner seraient des troubles de comportement typiques aux caractéristiques du joueur excessif.
d) explication cognitive Le processus mental d’un joueur s’explique par : · une illusion de contrôle sur la machine · l’espoir de se refaire · superstitions · espérance de déjouer la machine ou le croupier e) explication cognitive comportementale
C’est la fusion de l’explication cognitive et l’explication comportementale. Celle-ci doit être comprise par le joueur avec l’aide d’un thérapeute.
1.3. Facteurs de risque/causes : Selon Vitaro et al. (2005), les jeunes les plus à risque d’obtenir un diagnostic de joueur pathologique sont des personnes très impulsives, sont initiés très jeunes aux jeux de hasard et d’argent, peuvent avoir des problèmes extériorisés tels que la consommation de psychotropes, peuvent avoir des problèmes de type intériorisés tels que la dépression, avoir un modèle parental inadéquat au niveau du jeu, être sous le seuil de la pauvreté et le fait d’être du sexe masculin peuvent augmenter les chances de créer une dépendance. Dans le livre « Prévention des problèmes d’adaptation (volume 2) de Vitaro et Gagnon, on fait mention que les jeunes ayant un problèmes de jeu ont des difficultés scolaire et ils sont plus délinquants que les jeunes de leur âge. De plus, monsieur Christian Jacques (conférence 2001) affirme que les jeunes qui sont portés à jouer de façon excessive présentent une faible estime de soi et ont peu d’habiletés de résolutions de problèmes. Il faut noter que la revue l’Intervention stipule que les adolescents en centre jeunesse sont plus à risque de développer un problème de jeu que les autres jeunes de leur âge.
1.4. Prévalences :
Les études démontent un taux plus élevé de problèmes de jeu chez les adolescents que chez les adultes (Vitaro 2000). En 1990, Arseneault & AL. affirment que la majorité des adolescents (90%) disent avoir jouer pour le plaisir ou pour se procurer de l’argent (70%). Au niveau primaire, le jeu est une activité populaire et déjà présente. Certes, au Québec , 86% des jeunes au niveau primaire (4-5-6e année) ont déjà mis de l’argent dans des jeux de hasard et d’argent. Plus de 40% de ces enfants reconnaissent jouer au moins une fois par semaine. En 1994, il y a 2,8% des adolescents qui sont diagnostiqué comme ayant un problème de jeu ou une pathologie.
L’institut de la statistique de Québec lors de son enquête (juin 2002) prélève certaines données concernant les pratiques du jeu chez les adolescents : Ø 7 élèves sur 10 au secondaire ont expérimenté les jeux de hasard et d’argent pendant leur vie. Ø 63% sont considérés comme joueurs occasionnels. Ø 7% sont considérés comme joueurs assidus. Ø 65,9% des joueurs occasionnels disent avoir dépensé plus de 50$ par semaine. Ø Il y a 8,4% de garçons qui sont des joueurs assidus contre 6,4% des filles. Ø Seulement 5% des parents empêchent que leurs jeunes jouent à des jeux de hasard et d’argent (source : Prévention du jeu pathologique : document de référence, 2001) Dans le rapport de recherche : le jeu chez les jeunes : antécédents, corrélats et subséquents de Ladouceur & al., on prétend qu’à la fin de l’adolescence et qu’au début de l’âge adulte ont remarque certains changement dans les habitudes de jeu. Malgré le fait que l’arrivée sur le marché du travail augmente les moyens financiers du joueur et qu’à l’age de 18 ans, le jeu de hasard et d’argent sont plus disponible, on remarque leurs habitudes diminuent suite aux nouvelles responsabilités qui surviennent. En bref, une question nous viens à l’esprit suite aux différentes études explorés : « Est-ce que le jeu de hasard et d’argent est une tendance typique au mode de vie des adolescents comme la consommation de drogues, d’alcool et de cigarettes?
1.5. Méthodes de dépistage et d’évaluation : Il y a plusieurs façons de dépister la problématique à l’aide de différents outils.
- Arseneault et AL., propose une grille nommé SOGS-RA ( South Oaks Gambling Screen- Revised Adolescents) pour évaluer la problématique de l’adolescent. Cet instrument est composé de 12 items qui vise à évaluer la fréquence des pratiques de jeu et les conséquences de celles-ci sur la personne. Les questions sont adaptées au mode de vie des adolescents. Une cote supérieure à trois sur cette échelle prouve que l’adolescent développe une pathologie.
Le DSM-IV-J est conçu dans le même optique que le DSM-IV. On y retrouve des critères diagnostiques spécifiques à l’adolescence. Le dépistage des pratiques inhabituelles de jeu de hasard et d’argent chez les jeunes peut se faire de manière plus efficace grâce aux critères diagnostiques que le DSM-IV-J propose. Il est question de 9 critères au total. Pour que l’enfant soit considéré comme un joueur excessif, il doit répondre à un minimum de 4 critères. La direction de la santé publique propose, par le biais de son site Internet, un mini-test de dépistage. Ce test est basé sur les critères du DSM-IV. Ce test peut se faire de façon autonome et lorsque la personne en ressent le besoin. Plusieurs questionnaires et tests peuvent être consultés sur le web, afin que la personne puisse remettre en question ses pratiques de jeu. (Par exemple : www.jeu-compulsif.info) Finalement, selon le Plan d’action gouvernemental confectionné en 2002, la meilleure façon de dépister un joueur pathologique provient de son réseau social, scolaire et professionnel. Effectivement, un membre de l’entourage ou un collègue de travail peut amener la personne à réaliser son problème et les conséquences néfastes que la dépendance a sur sa vie. La personne accède difficilement aux ressources qui lui sont nécessaires, de façon autonome, pour s’en sortir.
1.6. Méthodes de prévention : La régie régionale de la santé et des services sociaux a mit à la disposition des citoyens un répertoire et analyse des campagnes de sensibilisation des programmes et des initiatives préventives québécoises et montréalaises en mars 2003. Plusieurs programmes auprès des jeunes sont analysés dans cet œuvre : 1) Lucky, le hasard on ne peut rien y changer L’objectif du programme est de développer l’esprit critique du jeune face au jeu responsable.
2) Moi, je passe L’objectif est de sensibiliser les jeunes ainsi que leurs parents aux effets néfastes des jeux de hasard et d’argent 3) Parler, c’est grandir (volet jeu excessif et un volet jeu et toxicomanie) L’objectif principal est de favoriser le dialogue entre l’adolescent et le parent. De plus, d’autres objectifs sont visés afin de mieux outiller le jeune face à son problème. Par exemple : sensibiliser le jeune à l’importance de l’extériorisation de ses émotions, connaître les ressources d’aide, favoriser l’estime de soi. 4) Animation scolaire L’objectif général consiste à connaître et à mieux comprendre les problèmes de jeu chez les jeunes et les comportements à risque. 5) Voler pour jouer, c’est un crime! L’objectif est de sensibiliser les jeunes entre le jeu compulsif et la criminalité. De plus, le programme vise à diminuer le taux de criminalité chez les jeunes en lien avec le jeu. Finalement, ce programme s’adresse autant aux intervenants qu’aux jeunes. 6) Tournées communautaires virage : un jeu d’enfant L’objectif est de sensibiliser autant les enfants du primaire que ceux du secondaire. Le programme permet la collaboration entre le milieu scolaire et le milieu communautaire.
BIBLIOGRAPHIE :
Article
à Arsenault, L., Ladouceur, R. & Vitaro, F.(2001) Jeu de hasard et consommation de psychotropes : prévalence, coexistence et conséquences, Psychologie canadienne, 173-184. à Bourque, F. (13 janvier 2007) Jeu compulsif : à qui la faute? Le Soleil, A5. à Drouin-Maziade, C., Ferland, F., Jacques, C., Ladouceur,R., Moisan, S. & Turcotte, D., (Juin 2005) Le jeu pathologique chez la clientèle des centres jeunesse :mythe ou réalité? Intervention, 122, 118-121. à Gagnon, K., Meunier, H. (10 septembre 2006) Dans le ventre de la machine : la prévention est-elle efficace? La Presse, Plus 5. à Lapointe, J. (13 septembre 2006) Les ravages incalculables, La Presse, A21.
Livre
à Arsenault, L. & Ladouceur, R. (1998). Consommation de psychotropes et jeux chez les jeunes : prévalence, coexistence et conséquences. Québec : Comité permanent de lutte à la toxicomanie.
Chapitre de livre
à Allard, D., Audet, C. & Chevalier, S.(2002) Les jeux de hasard et d’argent. Dans Institut de la statistique du Québec (dir.), L’alcool,les drogues, le jeu : les jeunes sont-ils preneurs?: enquête québécoise sur le tabagisme chez les élèves du secondaire (2000) :volume 2 (pp. 67-90) à Ferland, F.& Ladouceur, R. (2000). La prévention du jeu pathologique. Dans Vitaro, F., & Gagnon, C. (dir.), Prévention des problèmes d’adaptation chez les enfants et les adolescents – Tome II : Les problèmes externalisés. (pp.379-403) Sainte-Foy, Qc. : Presses de l’Université du Québec.
Document en ligne
à Allard, D. & Chevalier, S. Jeu pathologique et joueurs problématiques. Le jeu à Montréal. Rapport synthèse, [En ligne]. Santé publique de Montréal. Disponible : http://www.santepub-mtl.qc.ca/jeu/documentation.html à Derensky, J., Ellenbogen, S., Gupta, R., Lussier, I., Messerlian, C. & Wynne, H. Identification des facteurs de risque et de protection ainsi que des facteurs culturels associés aux problèmes de jeu chez les jeunes [En ligne]. Fonds Québécois de la Recherche sur la Société et la Culture (FQRSC). Disponible [En anglais et bref résumé en français]. : http://www.fqrsc.gouv.qc.ca/recherche/index1.html à Gouvernement du Québec, La prévention du jeu pathologique - Document de référence [En ligne]. Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS). Disponible : http://dependances.gouv.qc.ca/index.php?id=31,34,0,0,1,0&hashID=e7548f2da317fb3d3de06e0c19d76f82 à Gouvernement du Québec, Plan d’action gouvernemental sur le jeu pathologique 2002-2005 En ligne]. Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS). Disponible : http://dependances.gouv.qc.ca/index.php?id=31,34,0,0,1,0&hashID=e7548f2da317fb3d3de06e0c19d76f82 à Ladouceur, R., Paré, L., Paré, R.,Roy, N., Vachon, J., Vitaro, F.& Wanner, B. Le jeu chez les jeunes: antécédents, corrélats et subséquents [En ligne]. Fonds Québécois de la Recherche sur la Société et la Culture (FQRSC). Disponible : http://www.fqrsc.gouv.qc.ca/recherche/index1.html à Papineau, Élisabeth. Le jeu pathologique, état des lieux et enjeux éthiques [En ligne]. Le centre interuniversitaire de recherche en éthique appliqué CIRÉA (Université de Sherbrooke). Disponible : http://www.usherbrooke.ca/cirea/documentation/notes_recherches.html à Régie Régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre. La prévention dans les jeux de hasard et d'argent - Pour jouer gagnant. Répertoire et analyse des campagnes de sensibilisation, des programmes et des initiatives préventives québécoise et montréalaises (mars 2003) [En ligne]. Santé publique de Montréal. Disponible : http://www.santepub-mtl.qc.ca/jeu/documentation.html à Régie Régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre, Le jeu pathologique. La dépendance au jeu : un problème de santé à dépister [En ligne]. Santé publique de Montréal. Disponible : http://www.santepub-mtl.qc.ca/jeu/documentation.html
Site Internet
à Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) (2007), site du Ministère de la Santé et des Services Sociaux : Dépendances - Jeu pathologique. En ligne. http://dependances.gouv.qc.ca/index.php?jeu_pathologique consulté le 30 janvier 2007 à Centre québécois d’excellence pour la prévention et le traitement du jeu (2007), site du Centre québécois d’excellence pour la prévention et le traitement du jeu. En ligne. http://www.psy.ulaval.ca/~jeux/index.html consulté le 30 janvier 2007 à Gamblers anonymes (?),Gamblers Anonymes : Site Officiel Intergroupe Francophone du Québec. En ligne. http://www.gaifq.org/ consulté le 30 janvier 2007 à Université McGill (2003), site de l’ Université McGill : Introduction aux jeux de hasard et d'argent chez les jeunes. En ligne. http://www.education.mcgill.ca/gambling/fr/problemgambling.htm consulté le 31 janvier 2007 à Jeu compulsif info (2002), Jeu compulsif info : Portail du jeu pathologique. En ligne. http://www.jeu-compulsif.info/ consulté le 6 février 2007 à Emjeu (?), Emjeu : Portrail de la Coalition pour une gestion éthique et responsables des jeux de hasard et d’argent. En ligne. http://www.jeu-compulsif.info/emjeu/index.htm consulté le 6 février 2007 à Le Grand Chemin(?). site des centres Le Grand Chemin : jeu pathologique En ligne. http://www.legrandchemin.qc.ca/freepage.php?page=36.43 consulté le 31 janvier 2007
Vidéo
à Jacques, C. (conférence du 24 octobre 2001) Gambling :le jeu excessif est-il un problème chez les ados? Les conférences de l’institut universitaire, Centre jeunesse de Québec -Institut universitaire affilié à l’Université Laval, Durée 50 minutes.